On dit que la chance sourit aux audacieux. Vous soutenez, au contraire, que c’est la chance qui vous a rendu audacieux. À quel point cette maxime explique-t-elle le succès d’AMP Visual TV ?
J’ai toujours rêvé de faire de la télévision, mais j’ignorai comment je m’y prendrai. Quand j’ai débuté dans le métier, j’étais timide et je manquais de confiance en moi. Jusqu’à ma rencontre avec Michel Drucker lors d’un stage en 1984, puis avec Georges Pernoud (Thalassa) lors du Vendée Globe 1992, je n’ai pas le sentiment d’avoir été très audacieux. J’ai simplement compris la chance extraordinaire qui m’était offerte de faire de la télévision et cela m’a donné le courage de sortir de ma zone de confort. Je suis fils de commerçant et mes parents m’ont toujours dit : « Dans l’entrepreneuriat, qui n’avance pas, recule ». Je suis obsédé par l’immobilisme. Si je n’ai pas chaque semaine une bonne idée, une approche différente pour séduire un client ou me protéger de la concurrence, j’estime que je n’accomplis pas correctement mon travail.
Cette audace ne comprend-elle pas aussi une forme d’inconscience ? En 1996, c’est un coup de poker qui vous ouvre les portes de TF1.
La première fois, ils m’ont appelé un vendredi après-midi pour un tournage à l’étranger le lundi suivant. J’ai d’abord refusé sous prétexte que nos caméras étaient prises. C’était assez inconscient, car je les prospectais depuis des années. Ils ont rappelé deux heures plus tard. J’ai fini par dire oui et j’ai loué le matériel. J’étais tellement motivé que je n’ai même pas pensé demander plus de détails sur la prestation. Je savais qu’on partait pour Charm el-Cheik et le journal d…