Couverture du journal du 17/09/2021 Consulter le journal

Une fondation au service de l’université

La Fondation de l’Université de Nantes, dirigée et relancée depuis 2015 par Catherine De Charette, a collecté en deux campagnes près de 10 m€. Son ambition ? Développer l’excellence dans la recherche et l’innovation, au service du territoire.

Catherine DE CHARETTE, directrice de la Fondation de l’Université de Nantes

Catherine DE CHARETTE, directrice de la Fondation de l’Université de Nantes © I.J.

Pourquoi cette fondation ?

Créée en 2011, elle a un statut juridique de fondation partenariale, à la faveur de la loi sur l’autonomie des universités. C’est d’abord un outil au service de la transformation de l’Université, qui obéit à la question de l’intérêt général, le savoir, et qui porte la valeur de la philanthropie. Notre travail est de produire de la connaissance, de la recherche et de l’innovation, de former des jeunes, à condition que ce bien puisse servir au plus grand nombre.

Pour aller plus loin, en 2018, nous avons opté pour un nouveau statut de fondation abritante, qui a pour vocation de s’ouvrir davantage à d’autres fondations et permet ainsi de se regrouper, mutualiser les coûts, les savoirs et la fiscalité.

La fondation de l’Université de Nantes est la première et la seule fondation dans l’enseignement supérieur dans la région à adopter cette stratégie.

 

Son modèle économique : le mécénat ?

La fondation permet de défiscaliser et d’accorder aux mécènes des avantages fiscaux, pour les entreprises ou les particuliers. Elle s’est mise au service de la transformation de l’Université. Nous sommes allés à la rencontre de partenaires mécènes qui nous ont permis de collecter 10 M€.

Nous comptons 300 donateurs, dont 80% sont des entreprises représentées par des TPE-PME très généreuses sur le territoire Pays de la Loire. Il y a aussi de grands groupes, tels EDF, RTE, la Caisse d’épargne, Bouygues, Vinci, Cogedim…

La fondation compte trois fondateurs, l’Université de Nantes son fondateur principal, Nantes Métropole et la Région qui sont le socle structurel et juridique, engagés pour trois ans. Un quatrième fondateur, une collectivité, devrait entrer prochainement. L’objectif est que l’Université redore son blason et retrouve ses lettres de noblesses.

 

Quels sont les projets soutenus ?

Les dons récoltés nous ont permis de financer quarante projets de recherche et d’innovation. Ils vont des sciences sociales portées par un sociologue sur la question du surendettement, jusqu’à une chaire maritime pour l’implantation des éoliennes en mer ou encore un projet d’école de chirurgie.

Nous avons aussi une chaire labellisée par l’Unesco pour enseigner la philosophie aux enfants. Nous avons collecté 50 000 €, avec Edwige Chirouter, maître de conférence et experte auprès de l’Unesco. Nous portons aussi un projet à l’île d’Yeu pour lequel nous avons levé des fonds auprès de la municipalité et des particuliers.

66% des projets que nous portons sont des projets d’innovation et de recherche. Nous soutenons aussi des initiatives d’étudiants, pour des voyages d’études, des bourses.

Notre ambition est d’encourager et redonner de la confiance dans l’Université qui est une bonne formation, redonner de la fierté, confiance dans les jeunes et leurs diplômes. C’est aussi valoriser les très bons résultats que nous avons dans le domaine de l’insertion. Un travail considérable a été fait pour que l’Université ne soit pas hors sol, pour répondre aux besoins du territoire et de l’économie. Avec toute une culture d’ouverture.

La fondation défend des valeurs, une mission, des vocations et une technique de développement. La première campagne lancée en 2019, baptisée Humanisme 2.1, avait cinq thématiques : santé du futur, usine du futur, citoyen connecté, savoir partagé et développement et ville durable.

 

Quel est le projet dont vous êtes la plus fière ?

Le travail sur la chaire maritime, mené par le géographe Brice Trouillet est un très beau projet scientifique, qui a du sens. Il vient questionner le sujet de l’implantation des éoliennes en mer, analyse avec des géographes et des économistes cette question du partage du domaine maritime français. Cinq ans pour un budget de presque 1 M€ que la fondation a collecté auprès de cinq mécènes pour financer une équipe dédiée.

 

Vous avez aussi des projets pour la faculté de droit…

Nous lançons une autre campagne : « Patrimoine 2.UN » pour laquelle nous avons distingué quatre sujets emblématiques, dont la faculté de droit 1.

Le patrimoine de l’Université de Nantes est devenu un enjeu majeur, avec 340 M€ de valeur patrimoniale, 115 bâtiments qui datent pour certains des années 1960 avec une sous-dotation historique pour entretenir ce patrimoine.

Ainsi, la faculté de droit date des années 1970. Son bâtiment conçu par l’architecte Louis Arretche est labellisé « Patrimoine remarquable », mais il a une problématique énergétique. Nous avons eu 18 M€ par le plan de relance des universités pour la transition énergétique et nous allons recréer une communauté de cœur autour de cette faculté. Nous avons ainsi retrouvé 11 000 anciens étudiants sur les réseaux !

 

Une opération de communication pour valoriser l’enseignement du droit a été lancée en 2020. En quoi consiste-t-elle ?

Catherine Lesage, avocate au barreau de Nantes et ancien bâtonnier, et Juliette Jourdan, commissaire-priseur, deux ambassadrices parmi les treize que compte la fondation, ont lancé une opération originale : une vente aux enchères philanthropique. Une soirée sera consacrée à un appel aux dons sous forme de mise aux enchères des sièges du premier et dernier rang de l’amphithéâtre E. Compte tenu du contexte, ce temps fort a été reporté au 10 juin 2021.

Parallèlement, l’opération « Un siège à l’université » consiste à verser un don de 1 000 €, qui donne droit à une défiscalisation de 66% ou plus 2. En échange de ce don, la fondation s’engage à poser une plaque avec un nom, un surnom, un souvenir, une promotion… sur un siège de l’amphi E, pour une durée de vingt-cinq ans.

De nombreux partenaires, notamment le Barreau de Nantes, la Chambre des notaires, les commissaires-priseurs, les juridictions civiles et commerciales, les greffes associés, l’Edago 3… font le relais de cette opération.

La collecte est déjà lancée via le site internet Unsiege aluniversite.fr, les réseaux sociaux ou encore les sites web des partenaires qui diffusent l’information auprès des juristes…

 

https://fondation.univ-nantes.fr/ 

 

  1. Les trois autres projets de la campagne sont les sept bibliothèques universitaires de Nantes, le théâtre universitaire et le pôle universitaire de Saint-Nazaire
  2. Le don est défiscalisable de l’impôt sur les sociétés à hauteur de 60%, de l’impôt sur le revenu à hauteur de 66% et de l’impôt sur la fortune immobilière à hauteur de 75%.
  3. École des avocats du grand Ouest.