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Éolien en mer : des vents contraires pour la filière française

Après plusieurs années de forte croissance, la filière française des énergies marines renouvelables entre en turbulence. L’Observatoire 2026 met en évidence un recul des investissements, du chiffre d’affaires et de l’emploi, lié au ralentissement des chantiers éoliens offshore. Les industriels alertent sur l’urgence de lancer l’appel d’offres AO10 pour éviter un décrochage industriel et préserver les ambitions de souveraineté énergétique.

Le parc olien en mer Yeu-Noirmoutier (Emyn).

Le parc olien en mer Yeu-Noirmoutier (Emyn). EMYN - FRANCK BADAIRE

La filière française de l’éolien en mer fait face à des vents contraires. C’est ce qui ressort des résultats de l’Observatoire 2026 des énergies de la mer (EMR), dévoilés à Nantes le 19 mai, lors du salon Seanergy, rendez-vous international des énergies marines renouvelables. Après plusieurs années de croissance soutenue, les indicateurs traduisent un net ralentissement de l’activité industrielle. Emplois en baisse, investissements en recul, activité export moins dynamique : le secteur marque le pas, dans un contexte de moindre visibilité sur les futurs appels d’offres.

Pour les acteurs de la filière, la situation appelle une réaction rapide. Sans calendrier clair pour les prochaines mises en concurrence, notamment l’AO10, un appel d’offres géant portant sur 10 GW, l’industrie offshore française risque de connaître un trou d’air prolongé.

« Depuis 2022, plus de 12 milliards d’euros ont déjà été investis dans les énergies marines renouvelables », a rappelé en ouverture Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Avant d’ajouter : « Soit on fait avancer la machine et on développe la capacité industrielle, soit on s’expose à un retournement durable. »

Les chiffres présentés par Florian Mouchel, chargé d’études à la Fondation Open-C et chef de projet de l’Observatoire, confirment cette inflexion. En 2025, la filière compte 7 700 emplois, soit 1 600 de moins qu’un a…

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