Couverture du journal du 16/05/2024 Le nouveau magazine

Des toilettes brillent au Forum Atlanpole

Le 26 janvier à la CCI à Nantes, l’édition 2023 du Forum Atlanpole a mis à l’honneur 14 des 40 nouvelles start-up accompagnées en 2022 par l’incubateur régional devant 400 acteurs de l’innovation. Si Etteliot a décroché le coup de cœur du public du concours de pitch avec ses toilettes écologiques, la rédaction d’IJ en a également retenu deux autres.

Alexandre Evrard Etteliot toilettes Atlanpole

Alexandre Evrard présente le premier boîtier créé par Etteliot, dédié au traitement de l’urine. © DR

Etteliot veut renverser le monde des toilettes

À l’épreuve du pitch en deux minutes, c’est Alexandre Evrard, cofondateur de la start-up nantaise Etteliot, qui a obtenu le plus de votes auprès des 400 acteurs de l’innovation réunis le 26 janvier au Forum Atlanpole de Nantes. L’invention qu’il a présentée, « des toilettes écologiques ne nécessitant ni eau, ni raccordement, ni produit chimique, ni vidange », lui a permis de décrocher le coup de cœur du public.

Cette innovation répond à un triste constat : « 20 % de la consommation mondiale d’eau potable est exclusivement liée à l’utilisation des WC. Autrement dit, l’eau potable est utilisée comme taxi pour transporter notre urine et nos matières fécales depuis nos toilettes jusqu’à une station d’épuration. »

Ingénieur en conception mécanique, Alexandre Evrard a travaillé huit ans dans l’industrie du nautisme, dont une partie en Allemagne, avant d’entreprendre. C’est là qu’il a rencontré son futur associé, Gustav Sievers, docteur en sciences de l’environnement spécialisé en électrochimie. Avec Etteliot, leur « ambition est de renverser le monde des toilettes ». Un nom plutôt bien trouvé puisque ce n’est ni plus ni moins que le mot toilette écrit à l’envers !

Dans cette optique, les cofondateurs ont déjà déposé deux brevets. « Un premier pour le boîtier S, dédié au traitement de l’urine, et un second pour notre deuxième boîtier qui traite les excréments (urines et matières fécales) ».

Ce premier boîtier ultra compact (20 x 20 x 12 cm) peut s’installer sur tous les modèles de toilettes à séparation. Son fonctionnement s’appuie sur l’électrolyse, un mécanisme de décomposition chimique produite par un courant électrique : « Notre boîtier vient pomper l’urine stockée dans le réservoir tampon situé sous le WC pour la traiter par électrolyse. De cette manière, les enzymes, bactéries, l’urée et l’ammonium sont décomposés et la solution traitée est stable et inodore, ce qui permet de la rejeter à l’extérieur sous forme de brouillard grâce à des ultrasons. »

Déjà pré-vendues à des aménageurs ou des utilisateurs de vans et fourgons, les 50 premiers boîtiers seront livrés et installés d’ici deux mois. Côté perspectives, la start-up compte en 2023 « accélérer la commercialisation de son premier boîtier et aller chercher un peu de love money pour assurer notre santé financière ». Si elle cible en priorité le marché du véhicule de loisir, elle souhaite ensuite « aller chercher celui du micro-habitat et du bâtiment avec les toilettes de chantier. À terme, des applications sont également envisagées dans le nautisme, le ferroviaire, l’aviation ou le transport routier », ajoute le cofondateur.

OTO, le fauteuil à étreindre pour autistes

Alexia Audrain fauteuil OTO

Alexia Audrain pose devant le fauteuil OTO qu’elle a conçu. © Coralie Monnet

Au chapitre santé, c’est Alexia Audrain, ébéniste fondatrice en janvier 2022 de la start-up Labaa, qui a retenu l’attention de la rédaction avec OTO, le fauteuil à étreindre : « Il s’agit d’un dispositif thérapeutique innovant adapté aux personnes avec des troubles autistiques. Beaucoup d’entre elles souffrent de problèmes d’orientation sensorielle et éprouvent le besoin d’être serrées très fortement. OTO est un fauteuil en forme de cocon qui a des parois gonflables permettant de créer des pressions profondes sur le corps. L’utilisateur peut contrôler l’intensité et les différentes zones d’étreinte grâce à une télécommande et un écran connecté au fauteuil permet aux soignants de suivre les séances en direct. »

Testé depuis deux ans sur 26 enfants du Centre d’excellence sur l’autisme du CHRU de Tours, le fauteuil affiche déjà des résultats prometteurs : « Les soignants ont pu observer sur les patients qui l’utilisent des diminutions d’anxiété et des troubles du comportement, ainsi que de meilleures interactions sociales. Grâce à ces résultats, l’établissement a obtenu 180 k€ pour réaliser une étude clinique et mesurer les bénéfices d’OTO sur le plan médical. »

Ce fauteuil a déjà fait le tour du monde puisqu’il est apparu à l’écran dans une série Netflix coréenne il y a six mois. « Grâce à cette visibilité, nous recevons tous les jours des sollicitations du monde entier. Aujourd’hui, nous sommes à la recherche de partenaires financiers pour augmenter notre impact et répondre à ce marché international. » La start-up a également pour ambition en 2023 de déployer son fauteuil en France et en Europe, notamment auprès des structures médico-sociales et des hôpitaux.

L’Alvéole, pour servir le vin à température idéale

Nicolas Cormerais La Ruche à vin

Nicolas Cormerais et son innovation, l’Alvéole. © IJ

Créée par Nicolas Cormerais en mai 2022, la start-up nantaise La Ruche à vin compte offrir aux œnophiles une expérience inédite. « Le vin, en fonction de sa température, ne va pas du tout dégager les mêmes arômes, ni les mêmes caractéristiques, pose d’emblée l’entrepreneur disposant d’une formation d’ingénieur et de commercial. Mais aujourd’hui, en dehors du seau à glace, il n’existe pas de solution pour maintenir un vin à une température précise. »

Pour inverser la tendance et offrir aux restaurateurs et hôteliers un outil garantissant une expérience œnologique parfaite à leurs clients, Nicolas Cormerais a conçu l’Alvéole en partenariat avec une quarantaine de restaurateurs. « Il s’agit d’un outil au service du sommelier, qui va lui permettre de proposer des dégustations parfaites et personnalisées. Concrètement, c’est un rafraîchisseur portable sur batterie qui permet de mettre et de maintenir un vin à sa température idéale, tout au long d’une dégustation ou d’un service. »

Après une multitude de prototypes, plus d’un an de développement, un brevet déposé sur la partie régulation de température et une première levée de fonds de 140 k€, « l’Alvéole sera en prévente demain avec une commercialisation qui débutera fin 2023 ». Prix du dispositif : de 500 à 1 000 € selon la personnalisation et les options choisies.

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