Couverture du journal du 24/06/2022 Consulter le journal

Des pistes pour rendre l’événementiel plus vert

Convaincus que leur avenir s’inscrira dans une démarche durable, les acteurs de l’événementiel ont participé, les 13 et 14 décembre derniers à Nantes, à la 9e édition de « 1 001 événements s’engagent pour le territoire et le climat ». L’occasion de découvrir comment inscrire un événement dans une démarche d’écoresponsabilité sur le territoire.

Les organisateurs de neuf manifestations proposées à Nantes ou Saint-Nazaire en 2021 ont été labellisés éco-événements. événementiel

Les organisateurs de neuf manifestations proposées à Nantes ou Saint-Nazaire en 2021 ont été labellisés éco-événements. © Madison Communication

A l’initiative de Nantes Métropole, les organisateurs, lieux, traiteurs, prestataires, collectivités et autres réseaux de la filière événementielle locale se sont retrouvés les 13 et 14 décembre à la cité des Congrès de Nantes pour aller plus loin dans la démarche de transition durable des événements.

Parmi les temps forts proposés, la table-ronde « comment inscrire mon événement sur le territoire nantais dans une démarche d’écoresponsabilité ? » a été particulièrement suivie. Animée par Dominique Béhar, délégué général de l’association Reeve, la conférence s’articulait autour des témoignages d’organisateurs d’événements dans des domaines très variés : le sport, la culture et la sphère professionnelle. « En s’appuyant sur vos expériences respectives, l’idée est d’aborder les bonnes pratiques pour inscrire son événement dans une démarche d’écoresponsabilité, mais aussi les freins à cette révolution durable », a débuté Dominique Béhar.

Il a ensuite laissé la parole à Julien Gaboriau, organisateur du marathon de Nantes. Ce dernier a présenté les bonnes pratiques mises en place sur cet événement qui existe depuis 40 ans et attire chaque année entre 17 000 et 18 000 coureurs sur les quatre épreuves proposées. « Le changement est venu d’une prise de conscience personnelle et collective. On a réalisé que si l’on continuait sur cette lancée, il ne serait bientôt plus possible d’organiser des marathons en ville à cause du changement climatique ou de la pollution qu’ils engendrent. Nous avons donc commencé dès 2018 par remplacer les bouteilles d’eau en plastique des ravitaillements par des éco-cup, des gobelets compostables et biodégradables. Nous sommes également le seul marathon raccordé au réseau d’eau potable, ce qui signifie que chaque gobelet est rempli manuellement par un bénévole. Nous avons aussi mis en place le tri sélectif sur l’ensemble des points de ravitaillement et au sein de notre centre logistique. Nous n’utilisons désormais plus que des supports de communication réutilisables et nous avons signé une charte des éco-engagements avec le ministère des Sports. »

« UNE ENVIE COLLECTIVE D’AGIR »

Organisé par Stéréolux, le festival nantais d’art numérique et de culture électronique Scopitone attire à chaque édition en septembre entre 25 000 et 40 000 personnes. « Notre démarche d’écoresponsabilité est née d’une envie collective d’agir, débute Yeliz Ozen, responsable développement durable du festival. Dans un premier temps, nous avons priorisé le volet restauration afin de réduire le gaspillage et les produits emballés. Nous avons également travaillé sur l’accueil des artistes puisque les gourdes ont remplacé les bouteilles d’eau et nous avons aussi réduit nos supports de communication. Enfin, nous avons engagé une réflexion sur la réduction des déchets à l’échelle de l’ensemble du festival et Scopitone est également signataire d’une charte contre le plastique. » Chez Novabuild, réseau des professionnels du bâtiment, de l’immobilier et des travaux publics en Pays de la Loire, Juliette Lavisse, cheffe de projet événementiel, est partie du constat que « la taxe carbone du réseau, de l’ordre de 47 tonnes par an, est constituée à 50 % des déplacements de nos collaborateurs. Nous avons donc décidé d’agir précisément sur cet axe en mettant en place un site de covoiturage dédié à chaque événement et en les incitant à venir à vélo. Nous essayons également de favoriser les événements de proximité et nous avons mis en place une approche locale zéro déchet sur toute la partie restauration. »

« L’ÉCORESPONSABILITÉ A UN COÛT »

Si une révolution écoresponsable semble engagée dans l’événementiel, il reste néanmoins du chemin à parcourir, comme l’explique l’organisateur du marathon de Nantes : « Pour nous, le premier frein a été l’aspect financier. Effectivement, l’écoresponsabilité a un coût : par exemple, une éco-cup est trois à quatre fois plus chère qu’un gobelet traditionnel. Il reste également un travail de fond à effectuer pour faire évoluer les mentalités. Aujourd’hui, il est inenvisageable pour un coureur de repartir d’un marathon sans médaille ou sans tee-shirt. Cela nous contraint à continuer de nous fournir à quelques milliers de kilomètres, car si on faisait fabriquer tout ça en France, cela nous coûterait cinq à sept fois plus cher et cela impacterait également les tarifs des inscriptions aux épreuves. C’est vraiment frustrant pour nous car on se doit d’être exemplaire et de faire changer les comportements dans la course sur route. »

L’organisatrice du festival Scopitone pointe quant à elle un autre frein : le manque de moyens humains. « Il n’est pas évident de trouver le temps nécessaire pour effectuer le suivi de tout ce qu’on met en place en la matière. Tout est encore bancal car personne n’est dédié à 100 % sur cette thématique dans l’équipe du festival. Et il y a encore un gros travail à effectuer sur la sensibilisation des prestataires et des participants. » Une réflexion également portée par Juliette Lavisse de Novabuild, pour qui « le premier défi est d’acculturer les participants à nos événements puisque notre public est très dépendant de sa voiture à cause de son activité professionnelle. Même topo pour la restauration : on constate qu’il n’est pas évident pour nos collaborateurs de se passer d’une bouteille d’eau à table. »

La liste des éco-événements labellisés en 2021

Sur les 24 événements éco-labellisés dans l’Hexagone en 2021, neuf ont été organisés à Nantes ou Saint-Nazaire et mis à l’honneur lors de « 1001 événements s’engagent pour le territoire et le climat » : la Rencontre nationale des scouts et guides de France ; le tremplin Parazic (tremplin musical à Couëron) ; Joffre mon amour (banquet familial et écoresponsable à Nantes) ; Saint-Nazaire côté plages (spectacles en plein air gratuits proposés durant l’été) ; Wind for Goods (salon nantais de la décarbonation du transport maritime à l’échelle nationale) ; Agrovif (événement des industriels de process de Nantes) ; Partez voir la mer (journée à Saint-Brévin-les-Pins de sensibilisation à la richesse de la mer et aux enjeux en lien avec le littoral ; Faites du vélo (une fête à Nantes pour développer la pratique du vélo au quotidien) ; et la Semaine européenne de la réduction des déchets de Nantes Métropole.