Couverture du journal du 26/11/2021 Consulter le journal

Arcade cycles prépare son usine du futur

A l'étroit dans son usine de la Roche-sur-Yon, Arcade cycles, concepteur et assembleur de vélos sur mesure va se doter d'une nouvelle usine pour doubler ses capacités. A la clé une cinquantaine de recrutements d'ici à 2025.

peinture arcade cycles

Arcade cycles triplera ses capacités de peinture dans sa nouvelle usine © Arcade Cycles

Frédéric Lucas, directeur général adjoint d’Arcade cycles et futur dirigeant de la société a des projets plein la tête. Boostée par l’engouement des collectivités et des entreprises pour les flottes de vélos électriques, la société tourne à plein régime. Arcade cycles a enregistré une croissance de 50% en 2021 portant son chiffre d’affaires à 33 M€ en août (contre 25,22 M€ l’an dernier) et ses effectifs permanents à 130 salariés, auxquels s’ajoute un volant de 40 CDD et intérimaires en période de pointe, de mars à juillet.
Très à l’étroit à la Roche-sur-Yon où elle dispose d’un site de 6 500 mètres carrés pour le stockage des pièces, le montage, et la peinture de ses vélos, mais aussi les bureaux et le magasin showroom d’usine, l’entreprise veut se doter d’une nouvelle unité pour doubler ses capacités de production.« Nous allons porter notre surface à 12 000 mètres carrés, nous équiper d’une seconde ligne d’assemblage et d’une seconde équipe de montage», indique Frédéric Lucas. De 60 000 vélos produits par an, l’assembleur sera en mesure d’en réaliser jusqu’à 150 000.

Améliorer le confort des opérateurs et doubler la production

Il est sur le point de conclure son projet, toujours à la Roche-sur-Yon. Le terrain de 30 000 mètres carrés permettra de disposer d’une réserve foncière pour une future extension. Le déménagement est espéré en janvier 2024. Cette usine du futur imaginée pour les 20 prochaines années sera bien sûr connectée. Elle accueillera une ligne aérienne de montage pour améliorer l’ergonomie des postes d’assemblage et élargir les profils des personnes pouvant y travailler. « Il n’y aura plus besoin de porter les vélos en fin de ligne qui, en outre, seront à la hauteur de l’opérateur, quelle que soit sa taille », indique le dirigeant. L’usine sera dotée de nouvelles capacités de peinture, aujourd’hui goulet d’étranglement dans le flux de production, triplant la cadence à l’heure. Et ce qui pourra être automatisé le sera « pour rendre la vie des opérateurs plus facile ». À la clé, l’embauche d’une deuxième équipe de montage d’environ 40 salariés, soit l’équivalent des renforts actuels et une quinzaine de postes dans les autres fonctions.

50 M€ et 200 salariés en 2025

Sur la lancée actuelle de 10 à 15% de production additionnelle par an et en comptant les vélos produits pour le compte de la start-up nantaise Reine Bike, Frédéric Lucas anticipe un chiffre d’affaires de 50 M€ en 2025 avec 180 à 200 salariés. Une ambition accessible selon lui. Le prochain exercice est attendu entre 37 et 38 M€ au 31 août 2022. Il se répartit pour moitié entre les vélos classiques et électriques, en plein boom. Et « pour que l’essor de la société profite à tous les salariés, nous verserons cette année 3 500€ de participation qui s’ajoutent à nos différentes primes maison et à la prime Macron », précise le dirigeant.

Arcade Cycles a co-conçu et produit les vélos de la start-up nantaise Reine Bike © Arcade Cycles

Sécuriser les approvisionnements

Cette projection d’activité est sous réserve que les ruptures d’approvisionnement en provenance de l’Asie ne se renouvellent pas. En effet, si la société dessine et conçoit des modèles sur-mesure pour ses clients, du cadre à la fourche en passant par le porte-bagages, elle sous-traite en Asie la fabrication des éléments constitutifs du vélo, comme tous les fabricants français. « La Chine a acquis un savoir-faire incontestable et a investi massivement dans la production de cadres. Et seuls, nous n’avons pas les volumes suffisants pour réindustrialiser en France cette fabrication », indique Frédéric Lucas. Le dirigeant aimerait pourtant trouver des solutions avec d’autres assembleurs européens pour mutualiser leur fabrication à des coûts intéressants. « Le cadre, c’est 15 à 20% du prix du vélo », argue le dirigeant. Pour l’heure, afin de sécuriser les approvisionnements de freins, la société vendéenne va rapatrier une partie de la production chez un fournisseur portugais. Le reste est produit par le japonais Shimano, leader mondial sur le segment des équipements de vélos.