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« Albert et Clotilde » facilite la vie des aidants

La jeune pousse yonnaise veut accompagner les aidants à organiser le maintien à domicile des personnes âgées ou handicapées. Elle constitue son réseau de prestataires de proximité avant le lancement commercial de son concept en janvier 2022.

fondateurs Albert et clotilde

Les fondateurs d'Albert et Clotilde, de gauche à droite : Stéphane Biron, Gilles Ricordel, Bénédicte Biron ©Albert et Clotilde

Faciliter les démarches de logistique médicale liées au maintien à domicile est le credo des initiateurs de l’enseigne vendéenne Albert et Clotilde. La société a été fondée par trois associés, issus de la distribution de matériel médical à domicile (PSAD). Stéphane Biron, 61 ans, Gilles Ricordel, 60 ans, et Bénédicte Biron, 28 ans, ont en effet constaté le manque d’un élément centralisateur capable de gérer tous les acteurs intervenants auprès d’une personne dépendante et des proches aidants. « Nous souhaitions transmettre notre expérience aux familles et soulager les aidants de toutes les questions logistiques », indique Stéphane Biron. Comment aménager le domicile, quel matériel choisir, comment coordonner et suivre les interventions à domicile du personnel extérieur, gérer les approvisionnements pour l’hygiène et le bien-être…autant de sujets que la société de la Roche-sur-Yon se propose de prendre en charge auprès des familles. « Nous ne faisons pas de prestations de type nursing, livraison de repas, ménage, courses, ou promenade du chien. Cela relève des sociétés et organismes dédiés. Mais nous pouvons mettre les familles en relation avec des prestataires dans le domaine du service à la personne ou avec des professionnels de santé et coordonner leurs interventions dans un souci de bien-être de la personne en tant que représentant auprès de tiers », précise le cofondateur.

Albert et Clotilde vise 20 affiliés d’ici la fin 2022

Après deux ans d’étude de marché et de faisabilité juridique et de sélection des fournisseurs et prestataires de matériel, la société, constituée il y a un an, débute le recrutement de son réseau d’affiliés. Elle veut créer un réseau d’agences de proximité pour mailler le territoire avec un objectif de 20 nouveaux affiliés par an. Chaque antenne d’Albert et Clotilde disposera a minima d’un infirmier ou d’une infirmière qui sera le référent de la famille pour coordonner les soins et les interventions à domicile et d’un logisticien pour la partie matériel (fourniture, formalités auprès de la sécurité sociale, entretien et réparation) et le suivi des approvisionnements des consommables dans le respect des prescriptions médicales. Les prestations de la société vendéenne sont construites à la carte avec chaque famille. L’abonnement se situe dans une fourchette allant de 30€ à 540€ par mois, selon l’aide apportée et la fréquence des visites souhaitées de l’infirmière coordinatrice.

Démarrage de l’activité en janvier 2022

Pour l’affilié, la rentabilité de son activité est assurée à partir d’une soixantaine de personnes dépendantes prises en charge. Albert et Clotilde lui apporte outil de communication, supports digitaux, parc de matériel médical et centrale de référencement moyennant l’acquisition de la licence et une redevance annuelle.
Depuis le début septembre, la société recrute par le biais de son site internet ses futurs affiliés. Une bonne douzaine ont déjà marqué leur intérêt pour le concept dont des infirmiers ou d’anciens directeurs d’Ehpad. « Des profils idéaux » pour le futur réseau dont la commercialisation débutera en janvier 2022.

Les cofondateurs veulent aller vite car la demande est forte. Selon les chiffres collectés par les fondateurs de l’enseigne, il y a 11 millions d’aidants familiaux en France dont 47% sont dans la vie active. Plus de 71% se disent dépassés par l’accompagnement d’un proche à domicile. « Albert et Clotilde leur permettra de prendre le recul nécessaire et d’être accompagnés dans leur rôle », résume Stéphane Biron.

Le souci d’éviter la gabegie de matériel

Albert et Clotilde milite aussi pour une consommation raisonnée du matériel médical. Le réseau vendéen, qui fait office de centrale de référencement, a choisi des fabricants français et proposera le matériel à la vente mais surtout à la location. Ce qu’autorise la sécurité sociale qui prend en charge le remboursement de certains dispositifs médicaux. « Plutôt que d’acheter un fauteuil roulant qui peut s’avérer inutile ou inadapté, nous proposons aux familles de louer le matériel comme on louerait une paire de ski avec la possibilité de changer de modèle, de le réparer ou d’interrompre le contrat de location à tout moment », explique le dirigeant.  Cela évite aux familles de se retrouver avec un fauteuil roulant ou tout autre équipement sur les bras. D’autant que ce type de matériel « ne se revend pas d’occasion car l’achat d’un matériel neuf  est remboursé par l’assurance maladie », précise Stéphane Biron. « En gérant notre propre parc, nous évitons une gabegie de matériel.» Ce souci de réduire l’empreinte de son activité se traduit aussi sur le terrain. « Nous récupérons les emballages de livraison et demandons à nos affilés de rouler en véhicule propre », assure le dirigeant.

Albert et Clotilde, une référence à Clémenceau
Georges Clémenceau a terminé sa vie dans sa longère de Saint-Vincent-sur-Jard, un petit bourg littoral du sud-Vendée. Il était assisté dans ses dernières années d’Albert Boulin, son fidèle chauffeur et homme à tout faire et de Clotilde Bénoué, sa cuisinière. « Albert et Clotilde est donc une référence à ces personnes de l’ombre », indique Stéphane Biron.