Couverture du journal du 20/05/2022 Consulter le journal

350 mises en relation au Forum Open Innovation

La 5e édition du Forum open innovation a permis, le 28 avril à Nantes, de faire se rencontrer les besoins d’industriels et PME et des solutions technologiques innovantes. Avec 350 mises en relation générées dans la journée, l’événement est un succès.

Forum open innovation

Zoran Adam-Gaxotte, chef de projet R&D chez Modis, a dévoilé le projet Sabres, une flotte de navires submersibles à effet brise-lames lors du Forum open innovation. © I.J

A l’initiative d’EMC2, pôle de compétitivité européen des technologies de fabrication rassemblant 400 adhérents, le 5e Forum Open Innovation s’est tenu le 28 avril dernier à Nantes. Il a réuni près de 120 personnes dans les locaux du siège de CIC Ouest et s’articulait autour de quatre sessions de pitchs entrecoupées de pauses networking. Une dizaine d’industriels et PME (Europe technologies, Modis, Daher, Airbus atlantic, Metal 44, ELM Leblanc, C2D) ont ainsi dévoilé leurs besoins spécifiques quand 23 entreprises ont présenté leurs solutions technologiques innovantes.

Le principe de l’événement était simple : chaque pitcheur avait cinq minutes pour convaincre de l’intérêt de son projet ou de sa solution. Ensuite, lors du temps d’échange qui suivait, chacun pouvait poser ses questions. « L’événement avait pour objectif de faire se rencontrer besoins et innovations, sur différents domaines, avec un zoom fort cette année sur l’industrie éco-responsable. L’essence même du Forum étant la rencontre, cette 5e édition est un succès puisqu’elle a permis 350 mises en relation de qualité sur la journée, un niveau très proche de celui d’avant-crise sanitaire, se félicite Laurent Aubertin, directeur du développement au Pôle EMC2. Pour les participants, c’est un instant de veille très intéressant, qui permet d’identifier les acteurs de leur marché pour mieux s’y positionner. Et c’est aussi un moyen de développer leur réseau tout en accélérant leurs projets innovants. »

UN PROJET DE FLOTTE DE NAVIRES SUBMERSIBLES À EFFET BRISE-LAMES

Parmi les différents besoins industriels évoqués, Zoran Adam-Gaxotte, chef de projet recherche et développement, est venu dévoiler celui de Modis, une société spécialisée dans le conseil en ingénierie, services numériques et sciences de la vie qui emploie 2000 collaborateurs sur 16 sites en France. Depuis près de cinq ans, l’entreprise qui dispose d’un site à Saint-Herblain travaille sur un ambitieux projet, en lien avec le réchauffement climatique : « Avec la température du globe qui grimpe, les épisodes de submersion marine sont de plus en plus violents et fréquents. C’est pourquoi Modis développe depuis 2018 le projet Sabres. Il s’agit d’une flotte de navires autonomes et submersibles à effet brise-lames en mesure de lutter contre la submersion marine. À terme, l’objectif serait qu’elle remplace les ouvrages fixes type digues, perrés, brise-lames utiles seulement quelques jours dans l’année et qui doivent régulièrement être réparés après chaque épisode de tempête. Pour gagner en efficacité, la flotte Sabres ne serait déployée qu’en cas de risque de submersion avéré. Il s’agirait donc de déploiements provisoires avec des impacts réduits. »

LA FLOTTE SABRES NE SERAIT DÉPLOYÉE QU’EN CAS DE RISQUE DE SUBMERSION AVÉRÉ. IL S’AGIRAIT DONC DE DÉPLOIEMENTS PROVISOIRES AVEC DES IMPACTS RÉDUITS

Concrètement, chaque navire de la flotte irait rejoindre une position stratégique où il se submergerait avant de déployer son système brise-lames et de regagner sa base une fois l’épisode terminé. « Modis a créé l’algorithme capable de piloter à distance ces navires autonomes, tantôt en surface tantôt immergés. Notre besoin concerne donc la conception navale : nous souhaitons être accompagnés par des spécialistes pour passer d’un navire au design fonctionnel mécaniquement à un navire réellement en mesure de naviguer et se submerger.

Forum open innovation

Les sessions de pitchs étaient entrecoupées de pauses networking. © I.J

Il devra forcément être robuste pour résister à une houle de tempête, ce qui nécessite une épaisseur de coque relativement importante. D’autre part, il y a également tout l’aspect réglementaire où nous devons être épaulés, car d’un point de vue juridique, nos engins devront avoir le statut de navire mais aussi celui de submersible. »

Si les constructeurs navals, peu nombreux au Forum open innovation, n’ont à l’heure actuelle pas répondu au besoin de Modis pour le projet Sabres, l’entreprise de Saint-Herblain ne compte pas s’arrêter là. Elle devrait prochainement solliciter le Nautihub, pôle de compétitivité nautisme de la région, avec l’espoir d’y trouver un constructeur naval en mesure de l’aider à concrétiser le projet Sabres.