Couverture du journal du 04/12/2020 Consulter le journal

21% d’activité en moins en Pays de la Loire

Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee établit à 21% la baisse de l’activité économique dans la région. Un chiffre en amélioration par rapport aux estimations de début mai (33%).

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L’Insee a publié sa dernière note de conjoncture régionale le 28 mai à partir de chiffres récoltés depuis le 11 mai, date de sortie du confinement. Résultat : la baisse d’activité est un peu moindre qu’annoncée en Pays de la Loire, à 21% contre 33% estimé le 7 mai et portant sur la dernière quinzaine de pré-déconfinement. 

Cette perte d’activité est surtout liée aux secteurs de la construction et de l’industrie (respectivement – 3% et -4,1%). Une particularité liée à la structure de l’économie régionale, explique l’institut national de statistiques, alors que sur l’ensemble du territoire, cette perte est surtout liée aux services marchands. Reste que ce chiffre se situe dans la moyenne nationale.

– 22% en Loire-Atlantique 

La région tire son épingle du jeu grâce à son poids dans l’agriculture, la fabrication de denrées alimentaires, des secteurs plutôt épargnés.

La situation est, par ailleurs, disparate en fonction des départements même si « la reprise est notable partout ». Selon l’étude, la Mayenne et le Maine-et-Loire sont les moins impactés avec -19% et -20%. La Vendée se situe dans la moyenne régionale à -21%. La Loire-Atlantique et la Sarthe sont les plus touchés avec -22%. En cause : la part plus importante, dans ces deux départements, des services marchands. Ils ont donc été plus exposés, notamment en raison du poids des activités scientifiques et techniques en Loire-Atlantique et du commerce et de l’hébergement-restauration dans la Sarthe.

Parmi les plus affectés, les CHR et la fabrication de matériels de transports représentent 309 400 salariés, soit près d’un quart des effectifs de la région. S’y ajoutent 64 300 non-salariés à titre principal et 48 400 intérimaires.

En mars, 18% des salariés ont été placés en chômage partiel dans les Pays de la Loire. Ce qui place la région 7e rang des régions métropolitaines. La Loire-Atlantique concentre 40% des salariés en chômage partiel, contre 21% dans le Maine-et-Loire, 20% en Vendée, 12% dans la Sarthe et 7% en Mayenne. Une répartition en cohérence avec la part de l’emploi dans les départements des Pays de la Loire.

Chute des créations d’entreprise

Sans surprise, le nombre de créations d’entreprise a diminué de 61% entre février et avril 2020 avec là encore des différences selon les départements : de -48% en Mayenne à -65% en Maine-et-Loire. Les secteurs les plus touchés sont la construction, les activités immobilières ainsi que les CHR. En revanche, pour les activités de services administratifs et de soutien, le commerce-réparation d’automobiles et de motocycles, et surtout l’agriculture, la sylviculture et la pêche, le recul des créations d’entreprise est moins fort. 

Consommation à la hausse

Autre aspect étudié, la consommation des ménages, via le nombre de transactions par cartes bancaires réalisées. Au cours de la première semaine de confinement, la chute constatée est de 38%, puis de 56% la deuxième semaine. La baisse est ensuite moins sensible, variant de -54% la troisième semaine à -35% la huitième semaine (semaine 19). Cela s’explique par l’organisation de mesures de précaution et l’instauration de ventes à emporter (restauration, bricolage…).

Encore une fois, la situation varie en fonction des départements. En Loire-Atlantique et dans le Maine-et-Loire, les dépenses ont chuté de plus de 40% dès la première semaine, puis entre -57% et -59% la deuxième semaine. Cette différence s’explique par le fait que les surfaces de commerce pour l’équipement de la maison et de la personne y sont plus élevées, ces commerces ayant été obligés de fermer. Autre raison : ces zones drainent des actifs qui y travaillent et y consomment mais qui, pendant le confinement, sont restés chez eux. Les étudiants aussi ont quitté le département pour rejoindre leurs parents. En revanche, la Vendée et la Mayenne ont connu la moins forte baisse de la consommation des ménages. Ils ont connu une croissance de leur population pendant le confinement avec les arrivées dans les résidences secondaires et le retour des étudiants.

Faible déficit extérieur

La crise sanitaire et le confinement ont également ralenti le commerce extérieur régional. Les exportations ont reculé de 10,6% et les importations de 9,8% entre le premier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020. Au 31 mars 2020, sur les douze derniers mois, les exportations ont atteint 21,3 Md€ et les importations 26,9 Md€. Soit un déficit de 5,6 Md€, « très légèrement inférieur à celui constaté fin 2019 », relève l’Insee. À noter que le solde extérieur pour les produits agricoles s’améliore avec un excédent de 356 M€, de même que pour les produits manufacturés. Concernant la période directement liée à la crise sanitaire, un plan de continuité d’activité avait été mis en place au port de Nantes Saint-Nazaire pour garantir l’accès des terminaux et assurer les trafics essentiels. Dans la semaine qui a précédé le confinement, il y a eu 13 100 déclarations en douane pour les importations et les exportations. Puis, le nombre de déclarations a baissé régulièrement pour atteindre 6400 la dernière semaine d’avril. Ces déclarations remontent ensuite au cours de la première quinzaine de mai.


Chute de la consommation d’électricité

Autre fait économique marquant de la période de confinement : une chute de la consommation d’électricité. Sur l’ensemble des Pays de la Loire, la consommation journalière moyenne totale d’électricité est en baisse de 19% durant les trois premières semaines du confinement par rapport aux deux semaines qui l’ont précédé. Une chute liée à la baisse de la consommation des entreprises tandis que celles des ménages a augmenté mais finalement peu avec les températures clémentes de la fin mars-début avril. Même constat pour le mois d’avril, avec une baisse de 19% en 2020 par rapport à avril 2019.