Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

120 dirigeants recherchés pour une économie plus durable

Lancée à l’échelle nationale en 2021, la Convention des entreprises pour le climat (CEC) débarque dans l’Ouest pour accélérer la transition écologique des entreprises. Un appel à candidatures est lancé auprès des dirigeants bretons et ligériens.

Déclinée au niveau régional à partir de décembre, la Convention des entreprises pour le climat a pour objectif d’accélérer la transition du territoire en s’appuyant sur ses leaders économiques.

Déclinée au niveau régional à partir de décembre, la Convention des entreprises pour le climat a pour objectif d’accélérer la transition du territoire en s’appuyant sur ses leaders économiques. © Stéphanie Maureta

Donner aux leaders économiques les clés, scientifiques et humaines, pour prendre la mesure du défi écologique : c’est la mission de la Convention des entreprises pour le climat (CEC). Lancée dans l’Hexagone par l’association d’intérêt général éponyme en septembre 2021, elle a réuni durant près d’un an 150 dirigeants qui, à son issue en juillet dernier, ont formulé une dizaine de propositions pour transformer durablement les modèles économiques des entreprises : former dirigeants et salariés aux enjeux du climat, conditionner les rémunérations variables à des critères environnementaux, supprimer les niches fiscales nuisibles au climat, renforcer la mobilité verte des salariés, favoriser les rénovations énergétiques des locaux professionnels…

« ALLER PLUS LOIN DANS LA PRISE DE CONSCIENCE »

L’entreprise à mission Faguo (chaussures et vêtements éthiques), qui s’est installée à Nantes à l’été 2019 et dont l’objectif est d’engager la génération actuelle contre le dérèglement climatique, fait partie des 150 entreprises participantes. Convaincu par cette première expérience (lire l’encadré ci-dessous) largement inspirée des conventions citoyennes pour le climat, son co-fondateur Frédéric Mugnier a décidé de s’investir davantage avec l’association CEC en devenant pilote du concept dans l’Ouest avec d’autres dirigeants du territoire impliqués dans le parcours national.

Ainsi, en prévision du lancement du CEC Ouest en décembre prochain, un appel à candidatures est lancé aux chefs d’entreprise bretons et ligériens. L’objectif est de rassembler 120 dirigeants des neuf départements jusqu’en septembre 2023, soit une soixantaine d’entreprises au total car chaque structure devra être représentée par deux personnes, pour continuer à co-construire des initiatives qui visent à réconcilier économie et écologie en misant sur l’ancrage territorial.

AVOIR LA VOLONTÉ DE TRANSFORMER EN PROFONDEUR SON MODÈLE ÉCONOMIQUE

Toute entreprise peut se porter candidate : il n’y a pas d’effectif minimum à partir du moment où elle affiche la volonté de transformer en profondeur son modèle économique pour intégrer les enjeux environnementaux. Seule contrainte : le dirigeant doit être présent tout au long du parcours de manière à pouvoir ensuite impulser le changement de l’intérieur. En général, ce dernier travaille en binôme avec un “Planet champion“, un salarié de son entreprise particulièrement sensible à l’environnement. Il sera l’ambassadeur du changement au sein de sa structure.

UNE TRENTAINE D’ORGANISATIONS CANDIDATES

Un comité de sélection se réunira en octobre pour étudier les candidatures. La sélection des participants reflètera la diversité des entreprises de l’Ouest et des secteurs d’activité du territoire, qu’il s’agisse de TPE, PME, ETI ou de grands groupes. À ce stade, une trentaine d’organisations (parmi lesquelles ASI, Connexing, Daxium, SNCF TER Bretagne, Crédit Agricole 35, Rennes School of Business, Enedis Bretagne…) ont déjà fait acte de candidature. La première vague de dirigeants et entreprises retenus sera dévoilée mi-octobre, puis une seconde mi-novembre.

UNE PARTICIPATION SOUS FORME DE DONS

La participation à la CEC Ouest n’est pas payante à proprement parler. « Il s’agit d’un don à l’association CEC, précise Alexandre Chrétien, en charge du recrutement des dirigeants dans l’Ouest. Chacun est libre de donner ce qu’il souhaite. Cependant, le montant de la participation estimé pour s’autofinancer se situe entre 13 000 € et 15 000 €, qui sont déductibles à 66 % de l’impôt sur les sociétés. »

UN “PLANET CHAMPION“ CHARGÉ DE DÉPLOYER LA FEUILLE DE ROUTE

Les dirigeants sélectionnés suivront un parcours de six sessions thématiques, d’environ huit jours au total, réparties sur huit mois mêlant expérience et collectif. Tout au long du parcours, ils seront appuyés par des experts de la transition, des partenaires locaux (Ademe, antenne locale de Bpifrance, écoles et universités) et des acteurs régionaux (CCI par exemple).

À l’issue de ce parcours, chaque entreprise définira dans une feuille de route ses axes prioritaires et alignera sa stratégie et son mode opérationnel avec les limites planétaires.

Un moyen pour les dirigeants de définir ensemble des projets concrets pour transformer durablement leur territoire !

Plus d’infos sur Cec-impact.org

Faguo économie

Frédéric Mugnier, co-fondateur de Faguo, entreprise installée à Nantes depuis 2019. © D.R.

« J’AI PRIS UNE GRANDE CLAQUE »

Ayant participé à l’échelle nationale de la Convention des entreprises pour le climat, Frédéric Mugnier, co-fondateur de Faguo (chaussures et vêtements éthiques), est ambassadeur de la CEC Ouest. Il revient sur les bénéfices du parcours : « Planter des arbres, compenser nos émissions de carbone… Nos actions en faveur de l’environnement sont nombreuses et font partie de l’ADN de Faguo. Nous avons toujours la volonté d’aller plus loin, mais on ne savait pas comment faire puisqu’on était convaincus d’avoir déjà créé un modèle bénéfique. C’est avec cette volonté d’aller plus loin qu’on s’est investis dans la CEC au départ. Les experts rencontrés dans le cadre du parcours nous ont permis d’ouvrir les yeux : notre modèle est certes sobre mais pas régénératif.

J’ai pris une grande claque, mais qui a été bénéfique : aujourd’hui, toutes nos actions ne sont pas suffisantes pour créer un modèle en adéquation avec les limites de la planète. Notre seul moyen d’y arriver, c’est que nous devenions un puits de stockage de carbone, avec des produits à durée de vie infinie. On a déjà pour objectif d’utiliser 100 % de matériaux recyclés dans nos produits. On est sur la bonne voie, mais comment s’assurer que demain ces matériaux pourront eux aussi devenir recyclables à leur tour ? Comment la raison d’être de mon entreprise doit demain intégrer les enjeux de performance écologique pour avoir une performance économique responsable et durable ? Voilà le genre de pistes sur lesquelles nous a mises la CEC…

C’est un moyen de redonner de l’ambition à notre projet environnemental et d’aller plus loin dans la prise de conscience. Car aujourd’hui, tout modèle doit évoluer vers un système régénératif sinon il est condamné à s’éteindre. »