La vacance en centre-ville de Nantes dépasse les 9 %

Le commerce en centre-ville souffre ! Les dégradations menées lors des manifestations et les travaux de longue durée ne contribuent pas à favoriser une activité sereine. Le taux de vacance commerciale de l’hypercentre nantais atteint 9,1 % contre 6,3 % un an plus tôt.

Rue Scribe quartier Graslin, plusieurs pas-de-porte attendent un repreneur.

Rue Scribe quartier Graslin, plusieurs pas-de-porte attendent un repreneur. ERIC CABANAS - IJ

Il suffit d’arpenter la rue Scribe, quartier Graslin, pourtant prisé il y a peu, pour découvrir les vitrines fermées, s’alignant de chaque côté. La hausse de la vacance est de 2,8 % en un an et de 0,7 % en trois mois indiquent les derniers chiffres de l’Observatoire nantais de l’immobilier commercial (Onico) publiés par le Club Immobilier Nantes Atlantique (Cina). Selon l’Onico la situation varie selon les quartiers. Royale-Graslin est le plus touché avec 10,7 % de vacance, alors que Decré-Bouffay s’en tire mieux avec 4,7 %, le taux le plus faible. Les secteurs Bretagne-Feltre et Château-Cathédrale sont respectivement à 6,7 % et 7,3 %. Pour l’observatoire, « la vacance devient plus structurelle. Les locaux restent inoccupés plus longtemps, les créations de commerce diminuent, les délais de relocation s’allongent et les porteurs de projets sont plus sélectifs ».

Logiquement, sur les quatre dernières années, les valeurs locatives s’orientent à la baisse, « tendance plus marquée depuis un an » même si « l’équipement de la personne conserve les niveaux de loyers les plus élevés, notamment dans le secteur Crébillon-Graslin-Orléans ». Dans les secteurs où les valeurs locatives restent élevées, la vacance est importante. « De nouveaux ajustements à la baisse pourraient intervenir lors de relocations ou renégociations. À l’inverse les autres quartiers nantais affichent des valeurs globalement plus stables », souligne l’Onico qui précise toutefois que « ces indicateurs ne reflètent pas les nombreux projets de cession de fonds de commerce et de droits au bail observés sur l’ensemble des secteurs, y compris dans des quartiers encore peu touchés par la vacance ». L’hypercentre nantais compte aujourd’hui 1 089 commerces, contre 1 146 il y a un an, tandis que sur le territoire de la commune, on est passé de 2 322 commerces en 2015 à 2 235 actuellement.

400 dossiers d’accompagnement

« Il faut trouver le juste équilibre entre boutiques, services, loisirs et restauration pour préserver l’attractivité des quartiers et répondre aux attentes d’une clientèle dont les comportements se redessinent. Et à ces défis s’ajoute l’impact des travaux », souligne Laurence Quiblier, vice-présidente du Cina en charge du commerce.

La question des grands chantiers est prise au sérieux par les différents acteurs. Les commerçants des secteurs Prairie au duc, Léon Bureau, pont Anne-de-Bretagne et quai de la Fosse, Petite Hollande et place Mangin sont particulièrement impactés. La collectivité indique que l’accompagnement des dossiers en commission de règlement amiable a été accéléré. « Plus de 400 commerces sont accompagnés sur les trois périmètres d’indemnisation, et 4,6 millions d’euros ont déjà été versés via les commissions Centralité et Mangin », indique au Cina Raphaëlle Gouédard, responsable du service Développement économique et commerces du pôle Centralité.

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