Les entreprises ligériennes entre résilience et prudence

Malgré une croissance française à la peine et les tensions internationales, les entreprises des Pays de la Loire tiennent le cap. L’enquête de la Banque de France fait apparaître des perspectives de chiffre d’affaires majoritairement stables ou orientées à la hausse, et des investissements maintenus. Mais la prudence domine, notamment sur l’emploi.

Simone Kamycki, directrice régionale de la Banque de France, lors des RDV de l’éco, le 29 septembre à Nantes.

Simone Kamycki, directrice régionale de la Banque de France, lors des RDV de l’éco, le 29 septembre à Nantes. NICOLAS LE PORT - IJ

« On évolue dans un contexte global vraiment dégradé, mais malgré cela, il y a quand même une résilience. » En quelques mots, Simone Kamycki, directrice régionale de la Banque de France, résume le paradoxe de la conjoncture ligérienne. Réunis le 29 septembre à la CCI Nantes Saint-Nazaire pour les RDV de l’Éco, les représentants de la Banque de France ont livré un tableau contrasté : l’économie régionale tient, alors que la croissance française reste faible et que les tensions internationales se multiplient.

« Ce qui ressort des réponses des entreprises ligériennes, quel que soit le secteur, c’est vraiment une prudence, un climat d’incertitude », résume Sandrine Guevel, responsable du pôle économique et accompagnement des entreprises de la Banque de France Pays de la Loire. Sur les 700 entreprises ligériennes interrogées entre mai et août 2026, 76 % des industriels anticipent une stabilité ou une hausse de leur chiffre d’affaires en 2026. L’agroalimentaire, l’aéronautique et la défense figurent parmi les activités les mieux orientées. La proportion atteint 80 % dans le commerce et 86 % dans les services marchands. En revanche, les perspectives sont plus partagées dans le bâtiment (72 %).

Les investissements sont globalement maintenus : 48 % des industriels prévoient de les conserver au niveau de 2025 et les encours de crédit à moyen terme progressaient encore à fin juin. « Ils continuent d’investir », souligne Sandrine Guevel. Dans le bâtiment, ce chiffre atteint 70 % et 73 % dans le commerce.

Incertitude sur l’emploi

Côté emploi, l’incertitude est de mise. Dans l’industrie, 22 % des entreprises envisagent de recruter en 2026, avec des difficultés persistantes sur les profils techniques. Dans les services marchands, plus de 20 % prévoient également d’embaucher. Les intentions de recrutement restent donc limitées.

Cette résilience régionale intervient dans un environnement national peu porteur. La Banque de France table sur 0,4 % de croissance du PIB en 2026, avant une remontée à 0,9 % en 2027 et 1,2 % en 2028. La consommation reste peu dynamique, tandis que l’investissement privé est freiné par « le resserrement des conditions de financement et l’incertitude budgétaire ». Les exportations constituent l’un des rares relais attendus, notamment dans l’aéronautique, le naval et la défense, secteurs fortement présents en Pays de la Loire.

Pour Simone Kamycki, « le frein français est domestique avant d’être international ». Elle cite toutefois plusieurs facteurs susceptibles de soutenir l’économie française : une inflation moins élevée que dans d’autres pays européens, la consommation et les exportations. Et souligne également la nécessité de définir une trajectoire de consolidation des finances publiques.

Pour les entreprises ligériennes, l’enquête de la Banque de France traduit donc moins un retournement qu’une attente : celle d’un environnement économique plus lisible pour transformer des intentions d’investissement encore bien orientées en activité et en emplois.


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