À l’Open de Vendée, le collectif fait le jeu

Le Vendéspace se muera en arène de tennis, du 27 septembre au 4 octobre. Derrière la notoriété acquise au fil des éditions et la fidélité du public, les organisateurs jouent chaque année un autre match, celui de l’équilibre financier.

Le Norvégien Nicolai Budkov Kjær, vainqueur de l'édition 2025 de l'Open de Vendée.

Le Norvégien Nicolai Budkov Kjær s’était imposé à seulement 19 ans face à l’Américain Patrick Kypson (6-0, 6-3 en 57 mn) en 2025. NICOLAS AVERTY

Raquettes en main, les joueurs s’apprêtent à retrouver les courts de Mouilleron-le-Captif et à faire vibrer les amateurs de la balle jaune. Après une baisse de fréquentation l’an dernier, faute de Français dans le carré final, les organisateurs espèrent renouer avec les 24 000 spectateurs de l’édition 2024. Pour ce rendez-vous phare de l’automne vendéen, l’enjeu se joue aussi sur le terrain économique. « Une vraie fragilité financière existe », reconnaît Jérôme Rivière, coprésident de l’Open de Vendée aux côtés d’Audrey Arnoud. Si l’organisation est finement rodée, avec l’implication de 130 bénévoles, les marges de manœuvre restent limitées. Cette année, le budget s’établit à 850 000 euros, en léger recul par rapport à l’édition précédente. Le tournoi continue d’absorber les retraits de BNP Paribas (60 000 euros) et de la Région (15 000 euros). La participation de la nouvelle municipalité de La Roche-sur-Yon est également revue à la baisse. « Ces 75 000 euros n’ont pas été compensés, sans nouveau sponsor majeur », précise Jérôme Rivière. L’organisation surveille ses dépenses, des animations aux soirées dans les espaces VIP.

Le territoire au cœur du modèle

Pour autant, le tournoi n’entend pas changer de modèle. Classé ATP 75, il ne nourrit pas de course au gigantisme avec une dotation à 97 640 euros. « ATP 75, 100, 125… Pour le grand public, la catégorie importe peu. L’essentiel est de voir du beau jeu et une organisation de qualité », estime Jérôme Rivière. Ici, pas de partenaire titre à l’horizon, un levier permettant à certains tournois de changer de dimension, à l’image de l’Open Blot Rennes ou du Brest Open Groupe Vert. « Nous n’évoluons pas à la même échelle. Avec le fort soutien du Département, la question ne se pose pas. L’Open porte le nom de la Vendée, que nous souhaitons mettre en avant », insiste le coprésident.

L’ancrage territorial constitue aussi l’un des piliers de l’équilibre financier. Le groupe Dubreuil et AGP Hôtels restent ses deux principaux partenaires privés. Autour d’eux gravitent 70 acteurs, d’In Extenso à Ciméa Patrimoine, en passant par Sachot et Huddl. Un soutien qui relève, pour certains, du coup de main à un événement local. « Il y a le côté relationnel, amical avec des gens de l’organisation, des chefs d’entreprise yonnais. Et puis, en cette rentrée économique, l’envie d’y participer pour fructifier son business. » Un réseau d’autant plus essentiel que la billetterie pèse moins de 10 % du budget, avec 70 000 euros de recettes. Les organisateurs maintiennent des tarifs accessibles, compris entre 7 et 15 euros, renforçant de fait le poids des partenaires.

Cette même logique guide les choix sportifs. Confronté à la tournée asiatique, organisée à la même période, l’Open ne peut rivaliser pour attirer certaines têtes d’affiche. Il compose en mêlant joueurs expérimentés et talents en devenir, à l’instar de Jannik Sinner, Andrey Rublev, Richard Gasquet ou Ugo Humbert. Porté par une équipe de passionnés, l’Open de Vendée croit toujours en sa recette. Il fait le pari de la continuité, fidèle à ce qui a construit son succès.

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