La filière bois française n’est pas épargnée par la chute du marché chinois et l’incertitude liée aux taxes américaines qui fragilisent les exportateurs européens. Alors que les production et demande mondiales sont en recul, la France se démarque par la forte diversification de ses clients qui apporte un dynamisme à l’exportation de sciages résineux. « En quinze ans, les exportations françaises ont bondi de 40 000 m3 à 1 million de m3 », confirme Jean-François Guilbert, directeur de FrenchTimber.
Le CIB contribue à cette performance puisqu’il rassemble une centaine de pays. C’est un accélérateur de prospection internationale pour les PME. Les dirigeants y ajustent aussi leurs stratégies d’investissement en temps réel, faisant du salon un véritable baromètre conjoncturel face aux turbulences géopolitiques.
Le salon met en avant l’industrialisation de la construction bois, la normalisation et le séchage des produits. « L’avenir réside dans la deuxième transformation et les produits à forte valeur ajoutée », affirme Jean Piveteau, président du CIB et de Piveteau Bois. Ces leviers sont essentiels pour valoriser le bois français sur les marchés internationaux. La ressource nationale, notamment les feuillus, reste largement sous-exploitée, offrant un gisement de souveraineté économique considérable.
Malgré 75 000 à 92 000 embauches nécessaires, 67 % des recrutements sont jugés difficiles. Les tensions sur le marché du travail constituent un frein de compétitivité. La modernisation technologique transforme des postes peu attractifs en métiers de haute technicité. Et les investissements dans l’ergonomie ouvrent les ateliers aux femmes : « la mixité n’est plus seulement un enjeu déontologique, c’est une stratégie de performance », résume Anne-Sarah Moalic, de Fibois Normandie. « Le CIB n’est pas un simple événement de promotion du bois. Les entreprises y viennent pour concrétiser », conclut Nicolas Douzain-Didier de la Fédération nationale du bois, observatoire des activités et de l’approvisionnement.
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