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Le Département joue la carte du tourisme inclusif

En érigeant l’accessibilité en levier d’attractivité de sa politique touristique, la Loire-Atlantique transforme une obligation réglementaire en source de développement. Avec 41 structures labellisées « Tourisme & handicap », le Département structure une offre inclusive et consolide son économie touristique.

Créée par Igor Dubus à Clisson, Locapino propose notamment la location de vélos tandem adaptés.

Créée par Igor Dubus à Clisson, Locapino propose notamment la location de vélos tandem adaptés. LOCAPINO

« Pour le Département, le tourisme n’est pas seulement un secteur économique : c’est un vecteur de lien social, d’émancipation et d’égalité », pose Rémy Orhon, vice-président du Département de Loire-Atlantique en charge du tourisme. En plaçant l’inclusion au cœur de sa stratégie, la collectivité assume une vision du développement qui dépasse la seule performance économique pour en faire un outil de cohésion territoriale et d’attractivité durable. « L’accessibilité n’est pas un plus pour quelques-uns, c’est un bénéfice pour tous », confirme Ombeline Accarion, vice-présidente Personnes en situation de handicap et autonomie.

Au-delà du principe, la stratégie se traduit par des chiffres. Au 1er janvier 2026, le département comptait 41 structures labellisées « Tourisme & handicap » : 17 hébergements, 15 offices de tourisme, 7 sites de visite et 2 restaurants. L’objectif affiché pour 2026 est d’en compter 7 supplémentaires.

Rencontrer d’autres publics sans être stigmatisé

Pour les professionnels, l’accessibilité répond à une réalité de marché. À Saint-Michel-Chef-Chef, l’hébergement associatif La Brise de Mer accueille environ 20 % de clients en situation de handicap, accompagnés de leurs aidants. « Les personnes que nous accueillons ne veulent pas forcément rester entre elles. Elles veulent rencontrer d’autres publics sans être stigmatisées », souligne sa gérante, Éloïse Gloria. Même constat au restaurant La Closerie des Roses, à Loireauxence : « Nous avons pris conscience que l’accessibilité répondait à une attente : des personnes en fauteuil, mais aussi des clients avec des béquilles, des familles avec des poussettes et des personnes âgées », observe le chef Jean-Marc Terrien.

L’approche inclusive irrigue également les équipements culturels. Au musée Dobrée, rouvert en 2024, l’accessibilité a été intégrée dès la conception. « Il ne s’agit pas seulement de rendre un lieu accessible, mais de permettre à chacun d’entrer en relation avec les œuvres », explique Dominique Poirout, vice-présidente Culture et patrimoine. Le Hellfest surfe également sur cette vague inclusive puisqu’il accueille désormais 1 300 festivaliers en situation de handicap.

En misant sur l’accessibilité, la Loire-Atlantique consolide un positionnement touristique différenciant. Et l’enjeu dépasse largement le public en situation de handicap, il concerne aussi seniors, familles et clientèles fragilisées temporairement puisque selon l’Insee, un Français sur trois déclare au moins une limitation fonctionnelle.

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