Couverture du journal du 26/11/2021 Consulter le journal

Le groupe Papin multiplie les pistes pour renforcer ses effectifs

Le groupe de BTP vendéen agit sur différents leviers pour étoffer ses effectifs : stage, apprentissage, conditions de travail et croissance externe. Papin vient d'acquérir les sociétés familiales Pilet et Préfas services renforçant sa branche gros œuvre.

JLaurent groupe papin

Visite en mai 2021 des BTS 1ère année sur le chantier du Lycée St-François d'Assise à La Roche-sur-Yon © Jacques Laurent, groupe Papin

Coincé par le manque de ressources dans le domaine du gros œuvre pour répondre aux chantiers régionaux, le groupe Papin basé aux Achards cherchait depuis un an une société régionale de gros œuvre à reprendre. « Nous sommes toujours sur le qui-vive car les ressources humaines sont une préoccupation permanente dans nos métiers, témoigne Bertrand Blaineau, président du groupe Papin. À tel point que l’on voit de plus en plus de profil d’entrepreneurs de moins de 50 ans qui cherchent à vendre leurs affaires ». C’est pourquoi quand les sociétés familiales Pilet et Préfas service sont venues nous trouver pour nous proposer de reprendre les rênes de leur entreprise, nous n’avons pas hésité longtemps », précise le dirigeant.

Papin intègre deux sociétés dans le gros oeuvre

Dirigées par deux cousins, Florent et Denis Pilet, respectivement 52 et 54 ans, les entreprises sont spécialisées en gros œuvre et préfabrication d’éléments constructifs en béton. Elles emploient 55 salariés pour un chiffre d’affaires consolidé de 12 M€. Basées à la Verrie (Nord Vendée) avec une unité de stockage et de préfabrication à Vertou (Loire-Atlantique), elles rayonnent sur le sud de Nantes et le Maine-et Loire. « Cette proposition a fait sens car elle nous apporte des ressources qui nous manquaient pour accepter de nouveaux chantiers, une unité de préfabrication et une complémentarité géographique », précise le quinquagénaire. Les sociétés conserveront leur implantation et leur marque, bien connues sur leur secteur. « Pilet en est à la cinquième génération », précise Bertrand Blaineau. Cette acquisition porte les effectifs du groupe Papin à 515 salariés et son chiffre d’affaires consolidé à 92 M€. « On continue à regarder les dossiers sur tous nos pôles, d’autant plus que la crise sanitaire ouvre des opportunités ». Outre le BTP, Le groupe Papin est présent dans les espaces verts, l’assainissement et les sols sportifs à travers onze sociétés dont il est actionnaire à 100%, auxquelles s’ajoutent des participations dans des centrales d’enrobés.

Papin engage 2 M€ d’investissement dans les métiers de l’eau

Dirigé depuis 2007 par quatre anciens cadres de la société, le groupe fondé en 1966 n’a pas pour autant vocation a devenir un mastodonte. « Nous sommes en réflexion sur le plan stratégique 2022 sur les questions de croissance interne et externe ». L’idée est aussi de rapprocher la production de ses marchés afin de réduire les coûts de transport et l’empreinte carbone. Dans les métiers de l’eau, le groupe Papin dispose de deux unités de préfabrication d’éléments d’assainissement (postes de relèvement, bassins de rétention…) en Vendée et dans le Lot-et-Garonne. Il va construire en 2022 une troisième unité dans l’Est de la France afin de diminuer le transport d’éléments lourds. L’investissement s’élève à 2 M€.

50 apprentis en 2021

L’apprentissage est aussi un levier important dans le groupe pour renforcer ses équipes. « Nous l’avons mis en place il y a une dizaine d’année et nous sommes à plus de 50 apprentis dans le groupe en 2021 et autant de tuteurs », dévoile le dirigeant, soit 10% des effectifs. Du CAP à l’ingénieur en passant par le BTS ou le bac pro, tous les métiers sont concernés : ouvrier, chef d’équipe, conducteur de travaux ou bureau d’études… 80% des apprentis sont embauchés à l’issu de leur cursus de deux ans. Ainsi, l’an dernier, sur les vingt apprentis terminant leur formation, seize ont signé un CDI. Pour les attirer et les retenir, le groupe Papin multiplie les moyens. « Nous accueillons beaucoup de stagiaires pour leur faire découvrir nos métiers et casser les a priori », indique Bertrand Blaineau qui est aussi président de Saint-Fulgent Les Essarts entreprise. L’association organise tous les ans un forum des métiers où sont conviés les jeunes de la région sans leurs parents. « L’accès direct aux jeunes nous permet de casser les préjugés sur les métiers manuels. Nous leur présentons l’autonomie dont ils disposent et les carrières possibles. L’apprentissage n’est plus un gros mot. »

Bien-être et rémunération attractive

Le groupe Papin veille au bien-être de ses salariés avec du matériel et des vêtements de travail renouvelés régulièrement, des conditions de travail et de sécurité aux dernières normes, des chantiers vertueux en terme environnemental… Et, côté rémunération, « nous ne sommes pas les moins-disants du secteur », affirme le président. Le groupe propose aussi un contrat d’intéressement.
Les dirigeant travaillent déjà à leur succession en faisant rentrer des jeunes au capital. La moitié des cadres sont actionnaires (minoritaires) de la filiale dans laquelle ils travaillent (Jacques Laurent, Solfutrap, Pajot, Sportingsols, Mabileau…). « On est en train de constituer des holdings pour les aider à prendre des parts au capital », précise Bertrand Blaineau.