Couverture du journal du 22/01/2021 Consulter le journal

Make friday green again : Opération pour une consommation responsable

Le Black Friday est contesté depuis 2017 par des associations mais aussi des enseignes qui rejettent un mode de consommation jugé irresponsable. Le collectif Make Friday Green Again, créé à Nantes en 2019, en fait partie.

green friday black friday

Photo de ready made provenant de Pexels

C’est un mouvement qui prend de l’ampleur. La grande campagne de promotions, fin novembre et sur plusieurs jours du Black Friday, lancée aux États-Unis dans les années 1950, relayée en France depuis 2013, est remise en cause de par le monde avec notamment des opérations de Greenpeace.

En France, le Green Friday a d’abord émergé en 2017 à l’initiative du réseau de réemploi Envie. En 2019, l’enseigne de mode Faguo 1 a lancé, depuis Nantes, le collectif Make Friday Green Again. Avec 700 marques au départ, le réseau en compte 1 000 aujourd’hui. « Les enseignes sont de toutes tailles, aussi bien en France qu’à l’étranger, notamment en Belgique, en Pologne, au Royaume-Uni », explique Romain Teissedre, responsable de la communication de Faguo.

Nicolas ROHR et Frédéric Mugnier, make friday green again

Nicolas ROHR et Frédéric MUGNIER © Faguo

TRIER ET RÉFLÉCHIR

« Notre objectif n’est pas de blâmer les consommateurs, mais de montrer que le Black Friday génère une frénésie de consommation, pour des achats qui ne sont peut-être pas si utiles. Les gens sont tentés par des choses dont ils n’ont pas besoin, ce qui n’est plus soutenable aujourd’hui. » Une étude Shopper Observer pour Havas, réalisée par l’observatoire Société et consommation, en 2019, révèle ainsi que 77% des Français estiment que le Black Friday est « une opération contribuant à la surconsommation ».

L’objectif est donc d’inciter à passer à une consommation plus responsable, en faisant le tri dans ses placards et en se tournant vers les entreprises de récupération et de recyclage au besoin. « Pas besoin d’acheter un septième pantalon si on en possède déjà six, estime ainsi Faguo qui, pourtant, en fabrique. Le Black Friday fait perdre le sens de l’achat. Cela crée une distorsion entre les consommateurs, entre celui qui aura acheté une chaise 100 € fin octobre et celui qui l’aura eu à 30€ fin novembre. » D’ailleurs, pour le collectif, le décalage de l’opération montre bien que « ça n’est pas si nécessaire ». « C’est une bonne nouvelle pour les petits commerces qui veulent rouvrir dans de bonnes conditions, sans ruée dans les boutiques. Cela montre que le gouvernement les a entendus. Mais nous, nous souhaitons que l’opération soit annulée. Elle ne sert ni les commerçants, ni les consommateurs, ni la planète. »

Pour rejoindre le collectif, les enseignes s’engagent à ne pas pratiquer de prix barrés pendant cette période. Le collectif a également choisi de ne pas faire payer d’adhésion et de ne pas reverser à une association, contrairement au collectif Green Friday. « Quand on défend une cause, on le fait toute l’année, nous souhaitons que ce vendredi de Black Friday soit juste un vendredi comme les autres », témoigne Romain Teissedre.

En Loire-Atlantique, plusieurs marques dont N’Go Shoes, Sarmance, Sessile, Montlimart ou encore Lunaria ont rejoint le mouvement.

 

  1. La marque est devenue entreprise à mission en 2020. Elle s’engage notamment à mesurer et réduire sa consommation de CO2, sous le contrôle annuel d’unorganisme indépendant certifié Cofrac. Par ailleurs, la marque compense chaque pièce confectionnée en plantant un arbre.