Couverture du journal du 20/05/2022 Consulter le journal

L’innovation à l’honneur au forum Atlanpole

L’édition 2022 du Forum annuel d’Atlanpole a mis en avant les nouvelles start-up accompagnées par l’incubateur régional dans les domaines de la santé, du numérique, de l’énergie et de l’industrie. La rédaction d’IJ en a sélectionné quatre.

Maxime Rozier, cofondateur de Denv-R, a décroché le coup de cœur du public avec son projet de data center flottant et durable. Atlanpole

Maxime Rozier, cofondateur de Denv-R, a décroché le coup de cœur du public avec son projet de data center flottant et durable. ©IJ

La Loire-Atlantique est incontestablement une terre d’innovation. Le forum Atlanpole l’a une nouvelle fois prouvé, le 1er mars à la CCI Nantes St-Nazaire, à travers le millésime 2021 des entreprises 1 accompagnées par l’incubateur régional. Après les pitchs accordés à chaque entrepreneur, c’est Denv-R, une start-up basée à Nantes et Guérande œuvrant dans le domaine de l’énergie, qui a décroché le coup de cœur du public. « Dix centrales nucléaires, c’est aujourd’hui ce qui sert, non pas à alimenter, mais juste à refroidir les data centers du monde entier, a attaqué Maxime Rozier, cofondateur avec Vincent Le Breton. La consommation des contenus numériques, la collecte de données et l’utilisation d’objets connectés sont en constante croissance. Si rien ne change, ces centres nécessiteront plus d’électricité que le monde n’en produira… » Partant de ce constat, l’ingénieur mécanique de 34 ans et son acolyte analyste financier ont eu, il y a trois ans, l’idée de réconcilier data center et environnement. Le centre de données qu’ils ont conçu a la particularité de produire et consommer de l’énergie propre, d’être sans impact sur l’environnement et de flotter. « Trois raisons à cela : d’abord pour utiliser l’eau présente autour pour le refroidir plutôt que l’énergie du réseau électrique ; ensuite pour l’aspect foncier car des métropoles comme Nantes et Angers n’ont plus l’espace nécessaire pour accueillir de nouveaux centres ; enfin car c’est un moyen d’apporter une vision industrielle à notre projet. On est actuellement en mesure de livrer nos data centers en moins de trois mois n’importe où dans le monde, alors qu’il faut au minimum trois ans pour un centre de données traditionnel. »

UN DATA CENTER FLOTTANT SUR LA LOIRE AVANT LA FIN DE L’ANNÉE

Le business model de Denv-R sera basé sur l’installation des centres de données à proximité directe de ses clients. « En partenariat avec l’entreprise Geps Techno de Guérande, spécialisée dans les solutions d’énergie pour l’autonomie en mer, nous travaillons actuellement sur un premier démonstrateur qui devrait être mis à l’eau dans la Loire avant la fin de l’année, avant d’être déployé en mer dans un deuxième temps », annonce le cofondateur. Pour prendre son envol, la start-up cherche ses premiers clients : « Nous proposons différentes offres de colocation et services pour tous les besoins, de la location d’un simple emplacement à la baie entière. Nos centres de données flottants ne sont pas seulement fiables et sécurisés, mais les plus écologiques qui soient. Aujourd’hui, tous les acteurs du digital veulent faire du green mais ne savent pas quelle solution utiliser. Nous, on leur en apporte une au niveau de la première brique du socle avec un potentiel de développement énorme à la clé, y compris à l’international », conclut Maxime Rozier.

Robin Maquet, président de Bysco, une start-up qui a créé une fillière de valorisation du byssus de moule. Atlanpole

Robin Maquet, président de Bysco, une start-up qui a créé une filière de valorisation du byssus de moule. © I.J

UN BOÎTIER POUR ASSURER LA SÉCURITÉ DES AGENTS EN INTERVENTION

Le numérique était cette année encore bien représenté au forum, à l’image de Nav4You, créée à Bouguenais et dirigée par Johan Perul. « Nous avons conçu un boîtier de géolocalisation qui s’installe au niveau du pied des agents (pompiers, militaires, sécurité civile) en intervention et qui permet d’assurer leur sécurité. Il s’agit d’une technologie utilisant un algorithme basé sur l’intelligence artificielle. Notre boîtier permet au chef d’unité de suivre en temps réel le déploiement des agents et d’être averti en cas d’incident. Mais aussi de rejouer les scénarios et d’analyser les interventions a posteriori pour les optimiser. » Lauréate du plan de relance sur le spatial, Nav4You a décroché un premier marché avec le Centre national d’études spatiales de Guyane et continue de développer sa solution avec le Service départemental d’incendie et secours (Sdis) de Loire-Atlantique.

Dans le domaine industriel, c’est Bysco, une start-up nantaise, qui a été retenue par notre rédaction. « Nous développons une nouvelle filière : celle de la valorisation du byssus de moule, la fibre qui permet au coquillage de s’accrocher, présente Robin Maquet, président (28 ans). Aujourd’hui, les mytiliculteurs payent près d’1 M€ par an pour se débarrasser de 5 000 tonnes de byssus, alors qu’il a des propriétés incroyables. » Cette matière première gratuite, Bysco la récupère chez les producteurs avant de la faire transformer par des industriels du textile en un « matériau très léger aux propriétés d’isolation thermiques exceptionnelles ». Matériau qui pourra ensuite être commercialisé pour l’aménagement intérieur de bus, trains, avions, tiny house, camping-car… « Mais aussi pour des emballages dans le luxe ou encore dans le monde du sport avec un projet de ballon de foot bio-sourcé et made in France qui intégrerait notre matériau », ajoute le jeune entrepreneur.

PREMIÈRE POIGNÉE AUTO-DÉSINFECTANTE

Au chapitre santé, c’est Cleanmotion, une start-up créée en 2019 en Suisse et s’implantera prochainement dans la région nantaise, qui a retenu l’attention de la rédaction. « Aujourd’hui, la sécurité et l’hygiène en entreprise sont devenus extrêmement importants, constate Christophe Bouvier, directeur général. C’est ce qui nous a poussés à développer la première poignée de porte qui se désinfecte automatiquement à chaque passage. » Côté fonctionnement, le système s’appuie sur un anneau qui va effectuer magnétiquement un aller-retour sur toute la longueur de la poignée à chaque utilisation, assurant ainsi sa parfaite désinfection. Brevetée en Europe et aux État-Unis, cette poignée « vise le marché B to B et notamment les établissements médicaux, entreprises industrielles, la restauration et l’hôtellerie sans oublier les lieux publics et les parcs des loisirs ». Après des tests probants effectués dans plusieurs entreprises de la région (Airbus, Veolia, clinique Jules Verne à Nantes), la dernière étape à boucler pour la filiale française de la start-up est de lever un financement d’amorçage d’1,5 M€ pour recruter ses premiers salariés, développer ses réseaux clients et distributeurs, terminer l’industrialisation de la première version de sa poignée et en commercialiser 2000 d’ici fin 2022.

1.Les 20 nouvelles entreprises accompagnées par Atlanpole sont Agharen, Biomadvanced Diagnostics, Bysco, Cleanmotion, Denv-R, Eclore Actuators, FI-NDT, Gensensor, Goodfloow, Lisy Market, Matos, Deep, Monthabor, Naogen Pharma, Nav4You, Pixaid, Reliev Technologies, Reverse Systems, Sparklin et Synerpod.