En Loire-Atlantique, le prix médian des appartements anciens s’établit à 3 300 euros/m2, en quasi-stagnation (+ 0,1 % sur un an). Le neuf, lui, recule légèrement (-1,7 %). Les maisons anciennes restent les biens les plus chers, avec un prix moyen de 319 500 euros, en baisse de 1,8 %. Les terrains à bâtir, toujours rares, enregistrent une chute marquée (-12,7 %), après une envolée de + 44,2 % sur cinq ans. Le marché demeure au-dessus de la moyenne régionale, mais la dynamique s’essouffle.
De La Baule à Guérande, le littoral conserve une nette singularité. Le prix médian y avoisine 410 000 euros, malgré des corrections sensibles : -9,3 % à La Baule, -10,3 % au Croisic. Ces ajustements n’entament pas l’écart avec le reste de la Bretagne : à Saint-Malo, les prix peuvent atteindre 6 400 euros/m2, quand le Sud Finistère se situe autour de 3 300 euros/m2.
Cette résistance tient autant à l’attractivité qu’au profil des acquéreurs. Le marché se « seniorise » nettement : 45 % des acheteurs ont entre quarante et soixante ans, 34 % plus de soixante ans, et moins de 20 % ont moins de quarante ans. Plus de la moitié des ventes concernent des résidences secondaires, alimentant une économie saisonnière dynamique. « Le littoral breton reste un marché à part : l’immobilier ne s’y résume pas aux mètres carrés, il se vit dans le lien à la mer et aux souvenirs », souligne Me Alain Gautron, président de la Chambre des notaires de l’Ouest. Et celui-ci de détailler : « Les acquéreurs, souvent plus âgés et venus d’ailleurs, y projettent une histoire familiale, entre résidence principale et secondaire, qui nourrit aussi la vitalité locale. »
Un marché qui se « grise » et se segmente
À l’inverse, la métropole nantaise affiche un net ralentissement. Le volume des ventes de logements neufs recule de 11,9 %, pénalisé par la rareté du foncier et la hausse des coûts de construction. Les acquéreurs restent majoritairement locaux (31 %), tandis que la durée moyenne de détention atteint douze ans et trois mois, traduisant une moindre fluidité du marché. « Nous observons une forte proportion d’acquéreurs seniors, qui investissent pour y vivre comme pour louer », note Me Fanny Neveu-Bourdeau.
En somme, la Loire-Atlantique illustre un marché à deux vitesses : un littoral résilient, porté par une clientèle attachée au territoire, et une métropole sous contrainte. Cette dualité redessine les équilibres, dans un département qui demeure un pilier économique de la Bretagne historique, concentrant la principale aire urbaine et plus d’un tiers des résidences secondaires.
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