Dans un contexte de transformation des métiers, la formation continue s’impose comme un levier au cœur de la compétitivité des entreprises. La dernière étude conjointe d’Audencia et de l’Ifop, réalisée auprès de cadres et de dirigeants du secteur privé, confirme un tournant : les pratiques évoluent vers des formats plus courts, plus ciblés et orientés résultats.
Premier enseignement, la montée en puissance des formations condensées. Désormais, 40 % des cadres privilégient des formats à la journée, tandis que 27 % optent pour des sessions de quelques heures. À l’inverse, les formations longues reculent nettement de douze points. Cette évolution traduit une contrainte forte : intégrer la formation dans des agendas déjà saturés, tout en garantissant un impact immédiat sur l’activité.
Dans le même temps, les priorités en matière de compétences se redessinent. Les savoir-faire liés à la data et à l’intelligence artificielle s’imposent comme incontournables pour 66 % des cadres. Un chiffre qui tranche avec celui des dirigeants (33 %), révélant un décalage de perception. Pour autant, cette montée en puissance technologique ne relègue pas les compétences humaines au second plan.
Les soft skills demeurent au cœur des attentes
Les compétences managériales arrivent en tête, citées par 46 % des cadres (61 % chez les moins de quarante ans) et 47 % des dirigeants. Communication, adaptabilité et conduite du changement complètent ce socle. Dans les pratiques de recrutement, ces aptitudes relationnelles dominent largement : 78 % des encadrants privilégient les compétences de communication, devant la capacité d’adaptation (77 %), loin devant les compétences techniques (45 %). Cette double exigence, à la fois technologique et humaine, traduit une mutation des organisations, où la capacité à fédérer et à accompagner le changement devient déterminante.
Autre évolution notable : le rapprochement des attentes entre cadres et dirigeants. Longtemps plus enclins à suivre des formations longues ou théoriques, les cadres adoptent désormais une approche plus pragmatique, alignée sur les impératifs opérationnels. Ainsi, 76 % d’entre eux privilégient des contenus directement liés aux besoins de leur entreprise, contre 88 % des dirigeants.
Cette convergence s’explique notamment par les freins identifiés. Le manque de temps arrive en tête (un tiers des cadres), devant la difficulté à identifier des formations pertinentes (17 %) et leur coût (11 %). La formation doit désormais s’intégrer dans le quotidien professionnel sans le perturber.
Pour autant, l’essor de l’autoformation reste encadré. Si 77 % des cadres se disent capables d’apprendre en autonomie sur certains sujets, seuls 41 % estiment pouvoir le faire sur tous les thèmes. Enfin, la question budgétaire renforce cette logique de transformation. À l’horizon 2026, moins d’un dirigeant sur six prévoit d’augmenter les budgets formation et trois quarts anticipent une stabilité. Dans ce contexte, les entreprises privilégient des dispositifs ciblés : formations personnalisées (39 %), diffusion interne des compétences via les managers (38 %), ou encore mentorat et communautés de pratique (35 %).
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