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Frédéric Barbin, quarante ans au cœur du tribunal de commerce de Nantes

Il a dirigé le greffe du tribunal de commerce de Nantes pendant près de quarante ans, témoin privilégié de l’activité économique de la région nantaise. Le Journal officiel du 22 avril dernier vient d’acter sa retraite. L’occasion pour Frédéric Barbin d’évoquer les mutations qui ont touché la juridiction et le monde de l'entreprise.

Frédéric Barbin

Greffe Nantes Frédéric Barbin ERIC CABANAS - IJ

Comment devient-on greffier du tribunal de commerce de Nantes ?

Je suis arrivé au greffe en mars 1985. Après avoir obtenu un DEA de droit de l’économie et des contrats à la faculté de droit de Nantes, j’ai travaillé en qualité de collaborateur au sein du cabinet Fournis, alors conseil juridique. Pour des raisons conjoncturelles, Monsieur Fournis n’a pas pu prolonger mon contrat. Un concours de circonstances a fait que l’on m’a proposé d’intégrer le greffe du tribunal de commerce de Nantes. J’ai passé l’examen professionnel en janvier 1986 et me suis associé le 1er octobre de la même année. Je n’avais jamais envisagé de m’orienter vers cette profession. Quarante ans plus tard, je mesure la chance qui m’a été donnée de pouvoir exercer ce métier. C’est une profession passionnante, que l’on peut exercer en toute indépendance d’esprit. Officier public et ministériel, le greffier est délégataire d’une mission de service public et participe à l’œuvre de justice économique. Il apporte une assistance aux justiciables, aux créateurs d’entreprises, aux usagers, aux justiciables, aux entreprises en difficulté. L’importance accordée à l’individu est primordiale. Ce souci de « l’autre », je l’ai sans doute hérité de mon père, chirurgien et humaniste. Le personnel du greffe de Nantes, 23 personnes actuellement, a été sensibilisé à ce sens de l’accueil et de l’écoute.

En quoi ce métier a changé depuis quarante ans ?

C’était une autre façon de travailler. Nous n’étions pas dans l’urgence en permanence et avions du temps pour répondre aux questio…