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Commerces : activité en hausse à Nantes et Saint-Nazaire

La CCI Nantes St-Nazaire vient de sortir son enquête annuelle de conjoncture sur l’activité des commerces de ces deux villes. Avec une méthodologie qui englobe, cette année, l’ensemble des surfacescommerciales. Les résultats sont globalement positifs.

8 April 2015: Nantes, Loire Atlantique, France - Place Royale, crowds out enjoying the sunshine, walking, sitting in an outdoor cafe. Crédit : iStock

Selon l’enquête annuelle de conjoncture de la CCI Nantes St-Nazaire, les commerces nantais et nazairiens ont enregistré des chiffres d’activité en augmentation pour l’année 2019, avec respectivement +1,8% et +2,5% par rapport à 2018. Avec des disparités selon les secteurs d’activité et une nécessaire pondération à opérer en raison de prix à la consommation en hausse de 1,4% sur un an.

À noter que, cette année, la méthodologie de l’enquête a changé : tous les commerces ont été sollicités pour répondre à l’étude. Les années précédentes, seuls les commerces de plus de 300mdes centres-villes de Nantes et Saint-Nazaire étaient interrogés. « Nous avons voulu établir une analyse plus globale et parler aussi des quartiers, les commerces s’y développent mais on ne les avait pas dans nos radars », expose Hugues Frioux, vice-président de la CCI Nantes St-Nazaire pour le commerce.

Les restaurants tiennent leur cap

Dans le détail, à Nantes, 450 établissements ont répondu, soit 20% des 2200 commerces que compte la ville (1847 dans l’hyper-centre). Tous les secteurs sont en hausse avec +4,3% pour l’alimentaire, +3,5% pour la culture et les loisirs, +2,2% pour les services aux particuliers (instituts de beauté, coiffeurs, tatoueurs), +1,9% pour l’équipement de la maison et +1,4% pour l’hygiène et la santé (parfumeurs, opticiens…). « De bons résultats dans un contexte qui n’était pas facile (lire encadré) » commente Hugues Frioux. Seul l’équipement des personnes (habillement, chaussures, accessoires) affiche un résultat en baisse avec -2,8%. « Une diminution qui s’explique par un changement de comportement des consommateurs qui se tournent de plus en plus vers la seconde main. À l’image de l’enseigne de chaussures Bocage qui commercialise désormais des produits d’occasion, il faut que l’offre corresponde davantage à ces nouvelles attentes. Une lame de fond est en train de s’organiser et nous encourageons les commerces à être agiles et à changer leur façon de travailler », indique encore Hugues Frioux. Et d’évoquer une récente étude de l’Ademe qui met en avant que 60% des Français pensent qu’il est urgent d’agir pour la planète et 63% qui disent avoir une confiance renforcée pour une entreprise qui s’engage dans le développement durable. « Les commerces alimentaires ont bien senti ces changements et l’on constate de plus en plus de boutiques qui proposent des produits locaux, bio et/ou en vrac. Ils s’en sortent bien. »

Taux de vacance faible à Nantes

L’enquête de la CCI à Nantes englobe aussi la question du taux de vacance commerciale. Ce taux est toujours bas, à 2,3% bien en deçà des chiffres nationaux (10% dans les métropoles), « le signe d’une véritable attractivité ». Mais une vacance qui pose problème quant à l’implantation de nouvelles enseignes dans le centre, demandée autant par les consommateurs que par certains groupes. À Saint-Nazaire, la vacance commerciale s’établit à 11,2% selon la Carene, lègèrement en deça de la moyenne nationale qui est de 11,99%.

Saint-Nazaire, de son côté, enregistre des résultats positifs pour tous les domaines d’activité. 200 établissements ont répondu à l’enquête soit 40% des commerces nazairiens. Mais les bons résultats de la cité côtière doivent être pondérés avec la disparition de commerces locaux : « Moins de commerces se partagent une demande des consommateurs en hausse, Saint-Nazaire ayant gagné plus de 2000 habitants entre 2012 et 2017 d’après l’Insee, la hausse de l’activité est mécanique. »

À souligner à Nantes comme à Saint-Nazaire, les très bons résultats des restaurants.  L’activité enregistre une hausse de 1,6% pour les restaurateurs nantais alors que « 2018 était déjà une très bonne année », souligne Hugues Frioux. En particulier pour les restaurants spécialisés cuisine du monde, pizzeria, crêperies… avec +3,2%. Les chiffres des restaurateurs nazairiens ont, eux, bondi de 7,2%, avec la restauration rapide qui enregistre la hausse la plus notable à 8,6%.

Des soldes d’hiver décevantes

Autre point commun à Nantes et Saint-Nazaire : les soldes d’hiver ont été jugées décevantes. Pour Hugues Frioux, ça n’est pas une surprise, « trop de soldes tue les soldes. Pour la première année, elles ont été ramenées à quatre semaines et c’est une bonne chose. Il faut que cela reste un événement pour le consommateur. Avec la multiplication des périodes de promotion et des ventes privées qui n’en sont pas vraiment, les soldes sont moins perçues comme un temps fort par les clients. »

Quant à l’ouverture du dimanche, les commerçants nantais comme nazairiens l’ont jugée profitable, en particulier le dimanche 22 décembre, juste avant Noël (respectivement à 58% et 86%). L’ouverture des magasins à Nantes les 1er, 15 et 22 décembre ont été de 56%, 79% et 83% des commerces respectivement. À Saint-Nazaire, les commerces étaient ouverts à 63% le 15 décembre et 68% le 22 décembre. Pour 2020, les commerces nantais auront le droit d’ouvrir les 6, 13 et 20 décembre et le premier dimanche des soldes ; à Saint-Nazaire ce sera les 13 et 20 décembre.

ENCADRÉ

Quid de l’impact des mouvements sociaux ? Pour Hugues Frioux, « commerçants et clients se sont adaptés. Les manifestations les plus dures étaient en 2016 et 2017. Aujourd’hui, on observe une fréquentation nouvelle les jours de manifestation. Par exemple le samedi matin en centre-ville, d’habitude consacré aux courses alimentaires, plutôt que l’après-midi. On voit du monde dans les rues le lendemain d’une manifestation voire même trente minutes après… » Au final, « ça n’est pas une année catastrophique », estime-t-il.