Couverture du journal du 25/09/2020 Consulter le journal

Aéroport Nantes-Atlantique – Réaménagement « indispensable et urgent »

Le réaménagement de la plateforme aéroportuaire Nantes Atlantique est non seulement indispensable mais il doit se faire dans les meilleurs délais. C’est le souhait des chefs d’entreprise et du monde économique de l’ouest.

@Infojud

Yann Trichard, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Nantes l’a fait savoir à l’occasion d’une conférence de presse le 13 juin dernier, après une rencontre avec les responsables de l’Aviation civile à la préfecture de Loire-Atlantique. « Notre région est très dynamique, elle a le taux de chômage le plus bas de France. C’est bien, mais si on veut que cela continue, le développement de l’aéroport est indispensable », souligne Yann Trichard, qui, avec les responsables économiques locaux met la pression :
« Le développement de la plateforme aéroportuaire est un élément indispensable, parmi d’autres, pour maintenir le dynamisme de l’économie régionale, pour l’attractivité, la mobilité, l’emploi, le tourisme, l’accès aux marchés européens­ ­»

Risque de récession

Pour lui, brider le trafic à Nantes Atlantique « conduirait à une récession ». Inquiet du flou persistant sur l’avenir de l’aménagement de Nantes Atlantique, le président de Vendée International, réseau d’entreprises exportatrices, Yves Brochard, est venu en renfort pour soutenir cette position. Les chefs d’entreprise veulent un aéroport adapté au développement économique et donc à l’emploi, de la région. « L’économie déteste le flou », prévient-il soulignant qu’une échéance à 2025 pour ce réaménagement indispensable est une date
limite.

La Chambre de commerce et d’industrie ne se prononce pas sur les options de réaménagement. La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) a présenté le 4 juin dernier les grandes options proposées pour le réaménagement de l’aéroport et les temps forts de la concertation lors d’une première réunion publique. L’Aviation civile se base pour ses études sur un scénario de trafic médian : 8,3 millions en 2025, 9,2 millions en 2030 et 11,4 millions en 2040.

« Sans réaménagement, l’aéroport sera saturé­ » estime Yoann Lacoste, chef du projet de réaménagement. Selon la DGAC, 120 à 150 millions d’euros sont nécessaires à la seule mise en conformité de l’aéroport et selon les scénarios retenus, le coût global du projet se situera entre 470 et 900 millions d’euros. La concertation publique se déroule jusqu’au 31 juillet. Un collectif de riverains de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique a déposé un référé devant le Conseil d’État pour suspendre cette concertation qu’il estime « trop restrictive ». La Commission
nationale du débat public (CNDP) doit aboutir à des conclusions le 31 août pour que la DGAC, maître d’ouvrage, choisisse l’option retenue avant la fin du mois d’octobre 2019.

Victor GALICE


Retour en arrière…
Le 17 janvier 2018, le gouvernement a annoncé l’abandon du projet de transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique sur le site de Notre-Dame des Landes. Cette décision s’accompagnait d’un certain nombre d’annonces portant sur l’accessibilité aux aéroports parisiens pour les vols intercontinentaux, le réaménagement de la plateforme de Nantes Atlantique pour faire face à la croissance du trafic et l’assurance que la protection des riverains serait traitée de manière exemplaire.

Un des points cruciaux du dossier concerne les prévisions de trafics.  
Les médiateurs, dans leur rapport remis fin 2017, faisaient état d’une prévision de trafic à six millions de passagers en 2025 et sept millions de passagers en 2030. Or, le trafic 2018 s’est établi à 6,2 millions de passagers et celui de 2019 devrait tangenter les sept millions de passagers sous l’impact des nouvelles ouvertures de lignes actées. 
Cette sous-estimation patente met aujourd’hui l’aéroport dans un risque majeur de thrombose sans réalisation de travaux d’urgence à très court terme. En outre, elle renforce la pression forte pesant sur les riverains par l’accroissement des nuisances subies.  


Aujourd’hui, le taux de chômage de la Loire-Atlantique, de la métropole nantaise, comme plus largement celui des Pays de la Loire, est inférieur à la moyenne nationale. Cette performance est due au développement de milliers de PME et ETI qui développent leurs marchés à l’échelle nationale européenne et internationale. Continuer à développer l’emploi dans nos territoires est fortement lié à nos capacités d’accès aux marchés.
La connexion aux hubs internationaux et le développement des liaisons aériennes directes (plus d’une centaine à ce jour), permettant des allers et retours dans la journée, à des conditions économiques raisonnables, sont des conditions sine qua non de cette accessibilité aux marchés. C’est aujourd’hui ce que permet le nouveau modèle du transport aérien sur courte distance avec des compagnies aériennes à coûts réduits, développant des liaisons aériennes en France et en Europe à partir d’avions basés dans les principaux aéroports régionaux. A titre d’illustration, la clientèle d’affaires de ces compagnies représente près de 30% de leur clientèle et est surreprésentée au départ de Nantes.  
Il ne peut être question qu’un aéroport desservant un bassin de huit millions d’habitants puisse être pensé sans tenir compte des réalités du trafic aérien à horizon prévisible. Aujourd’hui, le trafic sur Nantes Atlantique croît de l’ordre de 13% (plus forte progression des aéroports français en 2018). Dans le même temps, le nombre de mouvements a crû de 6,8% témoignant de l’amélioration incessante du taux de remplissage des avions. (…)
Un aménagement, destiné seulement à gérer les contraintes d’ores et déjà constatées, ne peut constituer un projet réaliste pour les acteurs économiques. Il est contraire aux engagements du Premier Ministre suite à la décision d’abandonner le projet de transfert.

Extrait du cahier d’acteurs publié par la CCI Nantes Saint-Nazaire sur le réaménagement de l’aéroport Nantes Atlantique