La data au service de l’avenir des huîtres et des moules

Cinq capteurs sous-marins et un suivi biologique des huîtres et des moules : face aux bouleversements climatiques, la filière conchylicole des Pays de la Loire déploie un dispositif inédit en baie de Bourgneuf. Objectif : mieux comprendre l’écosystème, sécuriser les productions et préparer l’avenir.

L'équipe technique du Smidap effectuant l'entretien d'un des capteurs sous-marins en baie de Bourgneuf.

L'équipe technique du Smidap effectuant l'entretien d'un des capteurs sous-marins en baie de Bourgneuf. SMIDAP

À cheval entre la Loire-Atlantique et la Vendée, la baie de Bourgneuf devient un laboratoire à ciel ouvert. Depuis février, cinq capteurs immergés enregistrent toutes les quinze minutes la température, la salinité, la pression, la transparence de l’eau ou encore sa teneur en chlorophylle. Croisées avec le suivi de la croissance, de la reproduction et de la mortalité des huîtres et des moules, ces données permettent de mieux comprendre le fonctionnement d’un écosystème dont dépend l’avenir de toute une filière.

Au-delà de leur intérêt scientifique, les données collectées doivent devenir un outil d’aide à la décision. Elles permettront de sécuriser les exploitations, d’adapter les pratiques aux évolutions climatiques et d’identifier les secteurs les plus favorables à de nouvelles installations. Les travaux, menés jusqu’en 2028, constituent une première en Pays de la Loire. « Mieux connaître les cycles de captage et de reproduction sera un vrai plus pour mieux gérer nos stocks », estime l’ostréiculteur Dominique Friou, dirigeant des Perles de Jade, installé en baie de Bourgneuf.

Le changement climatique se traduit déjà dans le quotidien des exploitants. « Les coups de chaud réduisent nos périodes de travail. Aujourd’hui, on envisage de travailler la nuit », poursuit l’ostréiculteur, qui observe également que les variations brutales de température fragilisent davantage les coquillages que les fortes chaleurs. Pour Dominique Friou, ces nouveaux outils permettront de mieux anticiper les aléas climatiques pour une profession où la connaissance du milieu devient un levier de compétitivité. Après la crise du norovirus de 2023, qui lui avait « fait perdre près de 50 % de [​​​​​sa] clientèle en trois jours », cet enjeu n’a jamais été aussi déterminant.


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