Couverture du journal du 18/06/2021 Consulter le journal

Entre le trait et la plume : un duo entrepreneurs/artistes inédit

Dans un ouvrage collectif ("Entre le trait et la plume"), sous la houlette d’un journaliste nantais, chefs d’entreprise et artistes ligériens donnent leur lecture de la crise sanitaire.

Entre le trait et la plume

Clément LESORT, journaliste et éditeur, Philippe FOURQUET, président de 60 000 Rebonds grand Ouest et Élise PAROIS, coordinatrice 60 000 Rebonds antenne 44 © D.R.

Des chefs d’entreprise qui se livrent… Non pas à la va-vite, sur les réseaux sociaux, entre deux activités d’un quotidien très rythmé, mais posément, en pleine conscience, ce n’est pas si courant. Les inviter à poser des mots traduisant les effets intimes de la crise sanitaire et faire répondre à ces témoignages le ressenti d’artistes, c’est l’idée originale du journaliste économique Clément Lesort, à la fois éditeur et chef d’orchestre de cet ouvrage collectif, intitulé Entre le trait et la plume.

Sous-titré « Dialogues de porteurs d’espoirs », ce recueil de témoignages illustrés présente une autre particularité : il sert un projet altruiste. La totalité des bénéfices issus de ses ventes sera ainsi versée à 60 000 Rebonds. Un choix tout sauf anecdotique puisque cette association aide les entrepreneurs qui ont connu l’échec à rebondir professionnellement. « Je voulais un projet qui serve à quelque chose », explique Clément Lesort, qui précise que l’idée de cet ouvrage a germée durant le premier confinement.

« UN ACTE POLITIQUE »

Les 26 cheffes et chefs d’entreprise ligériens qui ont accepté de relever le défi, ont dû respecter le cadre éditorial donné par le journaliste, c’est-à-dire « accepter de mettre leurs tripes sur la table pour raconter comment cette crise impacte leur relation à l’acte d’entreprendre, au territoire, à l’autre et au temps », sans avoir la possibilité ni de citer leur entreprise ni de savoir qui d’autre participait à ce projet. De la même manière, les artistes ont réalisé leur illustration à partir d’un texte anonyme, sans influence possible.

Malgré la diversité des secteurs d’activité, des implantations géographiques et des parcours de ces dirigeants, l’ouvrage laisse transparaître des points communs, lui donnant ainsi une colonne vertébrale. « D’une part, on sort des discours testostéronés pour découvrir des témoignages plus authentiques, qui laissent s’exprimer la part de vulnérabilité, de fragilité, de doutes, mais aussi de sidération. Et d’autre part, il y a un acte politique dans ce livre », souligne Clément Lesort. De fait, peut-on lire dans la tribune de François Guérin, DG de Cetih, « face à toutes les incertitudes de notre monde, je vois un espace formidable pour inventer le nouveau modèle qui pourrait non seulement réconcilier entreprise et société, mais également rendre sa noblesse à l’acte d’entreprendre, en y associant la notion incontournable d’utile. » Certains allant même jusqu’à formuler des propositions, à l’instar du cofondateur et dirigeant de l’Atelier Rosemood, Grégoire Monconduit, qui estime que, face à la crise « qui va faire disparaître nombre d’entreprises et d’emplois (…) nous devrons surtout accepter de partager plus pour soutenir plus. » Ou d’autres, comme Sandrine Charpentier, dirigeante de Mixity, qui invite à « s’ouvrir à d’autres profils, prendre le risque de donner plus de pouvoir à la jeunesse dans nos entreprises ».

 

Entre le trait et la plume,

Entre le trait et la plume © D.R.

Entre le trait et la plume, ouvrage collectif, 25 €, aux éditions Noctividus.
Disponible auprès de 60 000 Rebonds grand Ouest.