« Les incertitudes économiques, la situation politique et budgétaire et les conditions de financements expliquent la hausse des défaillances d’entreprise », constate Jean-Pierre Mellier, vice-président et président de l’une des deux chambres des procédures collectives du tribunal de commerce de Nantes à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée jeudi 22 janvier. Si les locomotives de l’industrie que sont Airbus ou les Chantiers de l’Atlantique taillent leur route malgré les coups de vent, tout comme les entreprises de l’agroalimentaire, le secteur de l’immobilier et celui du commerce paient un lourd tribut. À Nantes, 1 010 procédures nouvelles ont été ouvertes, contre 794 en 2024, soit une augmentation de 27 % en un an, concernant 3 322 salariés contre 2 997 l’année précédente. Les 708 liquidations judiciaires représentent 70 % de l’ensemble de ces ouvertures de procédures, le reste étant réparti entre 282 redressements judiciaires et 20 procédures de sauvegarde.
Jean-Pierre Mellier déplore « le manque de culture financière des dirigeants et le faible niveau d’échange avec leur expert-comptable ». Pour lui « 1 010 dépôts de bilan, ce sont 1 010 chefs d’entreprise qui perdent leur emploi, souvent leur fortune et dans les cas extrêmes ce sont des personnes en détresse psychologique qui doivent être prises en charge par l’association Apesa (Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë, NDLR) ». Et ce millier de chefs d’entreprise, commerçants, artisans et autoentrepreneurs ne touchent pas le chô…