Couverture du journal du 30/01/2026 Le nouveau magazine

Moins de volume, plus de sens : le nouveau visage du tourisme d’affaires

Réduction du gaspillage alimentaire, circuits courts, mobilité douce, inclusion… En Loire-Atlantique comme en Vendée, le tourisme d’affaires accélère sa transformation. Pilier de l’économie locale, la filière place désormais la responsabilité et la durabilité au cœur de ses modèles pour se démarquer face aux autres destinations françaises. Une mutation collective qui façonne l’événement professionnel de demain.

Une soirée de congrès organisée sous les nefs.

Une soirée de congrès organisée sous les nefs. STUDIO GARNIER

« Dites-nous si vous souhaitez profiter du petit-déjeuner ? » Reçue à la suite de notre inscription à la Matinale de l’événementiel du Bureau des congrès de Nantes et Saint-Nazaire du 11 décembre dernier, cette question illustre à elle seule le virage RSE qu’a amorcé le secteur du tourisme d’affaires. Derrière cette phrase anodine se cache pourtant une petite révolution : ajuster les quantités, éviter les doublons, réduire le gaspillage alimentaire, mais également responsabiliser les participants. Autrement dit, faire mieux avec moins. « Avant, on se disait qu’il valait mieux trop que pas assez. Aujourd’hui, on apprend à sortir de cette logique », résume Antoine Leneveu, directeur général de La Carrière Events et représentant des sites privatisables du Bureau des congrès.

Antoine Leneveu, représentant des sites privatisables du Bureau des congrès et directeur général de La Carrière Eevents.

Antoine Leneveu, représentant des sites privatisables du Bureau des congrès et directeur général de La Carrière Eevents. BUREAU DES CONGRES / LA CARRIERE

Cet exemple en dit long sur la transformation à l’œuvre dans le secteur. Longtemps associé à des formats gourmands en ressources et son impact environnemental, l’événementiel professionnel se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Poussée par les attentes des entreprises et des collectivités, les contraintes budgétaires et l’urgence climatique, la filière est contrainte de se réinventer. Non pas à la marge, mais en profondeur. Elle revoit ainsi ses pratiques, ses formats et même sa raison d’être. Moins spectaculaire, plus vertueuse. Moins standardisée, plus ancrée dans les territoires.

Un secteur stratégique sous pression

Malgré les critiques et les remises en question, le tourisme d’affaires demeure un pilier économique majeur. Congrès, salons, conventions et séminaires irriguent en effet l’ensemble de la chaîne touristique : hôtellerie, restauration, transports, prestataires techniques, agences, lieux culturels. À l’échelle nationale, le secteur a généré 32 milliards d’euros de recettes en 2019 selon l’étude du cabinet EY, soit 5,5 % du PIB touristique total, et représente 335 000 emplois.

Côté conjoncture, les résultats du premier semestre 2025 publiés dans le premier Observatoire Unimev confirment la poursuite de la reprise du tourisme d’affaires amorcée en 2024, avec une croissance sur l’ensemble des indicateurs observés : + 5 % d’exposants, + 3,3 % de visites, + 2,6 % de surfaces nettes. Une reprise tirée par les salons professionnels, qui enregistrent les meilleures performances du semestre : + 6,6 % d’exposants, + 10,4 % de visites, + 3,8 % de surfaces nettes. Supérieure à la moyenne, cette croissance est principalement portée par le retour du public international sur les salons internationaux (+ 10,6 % d’exposants internationaux et + 11 % de visites internationales).

Si les indicateurs semblent au vert pour le secteur, cette puissance économique s’exerce néanmoins dans un contexte beaucoup plus incertain. Inflation persistante, tensions géopolitiques, arbitrages budgétaires : les entreprises rationalisent leurs dépenses. « L’événementiel ressent directement les secousses du contexte économique et politique », observe Olivier Le Floch, directeur général adjoint de la Cité des congrès et d’Exponantes, et directeur du Bureau des congrès. « Les entreprises sont aujourd’hui beaucoup plus frileuses et arbitrent davantage. » Une prudence qui se traduit sur le terrain : « Sur le corporate, on observe une baisse d’environ 20 % de la demande », précise-t-il. « Une tendance que l’on retrouve en Loire-Atlantique comme au niveau national» Un constat globalement partagé par Antoine Leneveu : « L’événementiel est souvent en première ligne quand les budgets se resserrentL’activité reste stable, mais on ne vit pas les meilleurs jours du métier» Pour autant, la demande ne disparaît pas. Elle évolue. « Avec ce contexte anxiogène, la rencontre reste essentielle », complète Olivier Le Floch.

Olivier Le Floch, directeur général adjoint de La Cité des congrès et d'Exponantes, et directeur du Bureau des congrès Nantes Saint Nazaire

Olivier Le Floch, directeur général adjoint de La Cité des congrès et d’Exponantes, et direct…

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