Couverture du journal du 26/11/2021 Consulter le journal

Meubles Auger fait le pari du circuit court et du savoir-faire artisanal

Le fabricant de meubles vendéen a reconstruit l'affaire familiale autour du made in Vendée et de la vente directe aux particuliers. Meubles Auger a conçu une collection unique à partir de bois pétrifié. Elle sera présentée au salon du Made in France qui se tient à Paris en novembre.

La gamme Very-Table est conçue avec des pieux de chêne issus de la lagune de Venise. Elle sera présentée au salon MIF à Paris - ©Meubles Auger

Fondée par Jacques Auger en 1973, la société Auger était l’un de plus gros fabricants de meubles du Bocage. La société a compté jusqu’à 180 salariés avant de péricliter et de fermer boutique en 2010. Franck Auger et sa femme Amélie ont repris le flambeau en mars 2011 et décidé de réinventer l’affaire familiale, rebaptisée Meubles Auger. Après être reparti de zéro en faisant de l’import et du négoce, Franck Auger a vite changé son fusil d’épaule face à la concurrence des pays de l’Est et des enseignes de la grande distribution. Exit les grandes séries et les réseaux de revendeurs. Place à la vente en circuit court, au fait main et à l’innovation.

Meubles Auger a choisi la vente directe pour maîtriser ses marges

Le fabricant de meubles en chêne (cinq salariés) de Saint-Michel-Mont-Mercure élabore désormais des meubles contemporains haut de gamme dont l’essentiel est fabriqué à la main dans ses ateliers et une partie (30%) sous-traitée au Portugal où il fait travailler un atelier de 20 personnes. « Nous finissons les meubles en Vendée selon les goûts des clients », explique Franck Auger. Car depuis cinq ans, les Meubles Auger ont fait le pari de la vente directe. « Cela nous permet de maîtriser nos marges et de ménager le budget de nos clients. Tout le monde s’y retrouve », indique le dirigeant. Le fabricant dispose d’un show-room de 800 mètres carrés où il expose ses collections qui mêlent bois, métal et céramique et organise deux fois par an des ventes d’usine. Il complète son carnet de commandes en participant à des salons de l’habitat.

ATELIER Meubles Auger

Les meubles sont faits à la main avec de l’outillage simple dans l’atelier de Saint-Michel-Mont-Mercure (c) Meubles Auger

Une collection en grume issue de la lagune de Venise

Il a aussi imaginé une collection bi-ton élaborée avec de la grume de Venise dont il a l’exclusivité en France. « Tous les dix ans la municipalité vénitienne change les pieux en chêne qui servent à la signalisation pour les bateaux. Ce bois, dont nous utilisons le cœur, est devenu imputrescible, impénétrable à l’eau et aux matières grasses. Assemblé, brossé et fixé avec une résine, il révèle des gerces qui rendent chaque meuble unique », raconte Franck Auger qui a découvert ce matériau il y a cinq ans. La collection, baptisée Very-tables, dont chaque pièce est numérotée, a été sélectionnée pour être présentée au salon Made in France qui se tient du 11 au 14 novembre à Paris.

L’hôtellerie-restauration, un nouveau débouché pour Meubles Auger

Le fabricant, qui a dessiné sept collections avec l’aide de designers, peut les adapter aux besoins de ses clients : plus long, plus court, plus haut, moins large, trois portes au lieu de deux, tout est possible. Cette souplesse lui a ouvert les portes des aménageurs. Meubles Auger consacre déjà 20% de son activité à l’aménagement de salles de restaurant et de halls d’accueil d’hôtels.

Fort de cette stratégie, le chiffre d’affaires de l’atelier vendéen a bondi depuis deux ans, passant de 400 000€ en 2019 à 700 000€ en 2021. Mais pour suivre le rythme, le fabricant va devoir recruter. Il recherche un salarié en finition d’ici à la fin de l’année et un autre artisan pour le début de l’année 2022. « Je recherche des personnes plus motivées qu’expérimentées, précise le dirigeant. Car sur le bassin des Herbiers, zone de quasi plein emploi, la concurrence est rude. « Entre K-line, Beneteau et Concept alu, nous espérons que les candidats seront attirés par notre savoir-faire artisanal et notre petite taille », conclut le dirigeant.