Dans une ville façonnée par les chantiers navals et l’aéronautique, l’innovation ne se conçoit pas en solitaire. Le 5 février, la troisième édition de « Sur le pont », organisée au Spi numérique de Saint-Nazaire par l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement, a illustré cette conviction partagée par l’ensemble de l’écosystème local. Pour rester compétitif, il faut effectivement avancer en équipage.
En ouverture de la matinée, l’historien Ghislain de la Gatinais est revenu sur la métamorphose d’un territoire passé « d’un village de pêcheurs à un pôle industriel majeur ». Un rappel historique qui éclaire le présent : l’industrie nazairienne représente aujourd’hui près de 9,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés, dont 4,5 milliards d’euros de l’aéronautique, 3 milliards de la construction navale, 800 millions de l’énergie, 500 millions des énergies marines renouvelables et 450 millions de l’agroalimentaire.
Dans un contexte de concurrence internationale accrue, l’innovation s’impose comme un levier stratégique. « La capacité de nos industriels à toujours augmenter leur performance et à se diversifier vers de nouveaux marchés participe à la résilience du territoire », a souligné Simon Fradet, chef de projet Territoires d’industrie. Il a notamment cité « un écosystème académique et de recherche dense », particulièrement actif sur la décarbonation du maritime et les nouvelles énergies.
Les grands donneurs d’ordre partagent cette analyse. « L’innovation est l’un des leviers pour rester compétitif face à la concurrence chinoise et pour répondre aux mutations environnementales », a confirmé Stéphane Campion, directeur du site Airbus Atlantic de Montoir-de-Bretagne. Même tendance aux Chantiers de l’Atlantique et chez Lacroix, où l’innovation s’inscrit également dans une logique d’impact positif.
15 000 emplois attendus dans les années à venir
En revanche, du côté des sous-traitants, très présents dans le tissu industriel local, la dynamique d’innovation reste plus complexe à enclencher. Le rapprochement entre la « tech » et la « fab » constitue dès lors un levier pour faire émerger un véritable écosystème de solutions technologiques, capable de renforcer la productivité et la compétitivité des entreprises. C’est précisément l’objectif du programme « Je choisis ma French Tech locale » qui entend identifier et cartographier les besoins, lancer des projets pilotes avec des industriels et fluidifier les mises en relation.
Il reste néanmoins un défi de taille. Avec des carnets de commandes sécurisés sur plus de dix ans et près de 15 000 emplois attendus dans les années à venir, les industriels alertent sur les besoins en formation et en logement.
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