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La Fondation Nantes Université en quête de nouveaux partenaires

Transitions littorales, médiation scientifique et santé globale… La Fondation Nantes Université a organisé, fin janvier, des rencontres pour fédérer entreprises et acteurs du territoire autour de ces trois projets à impact, tout en cherchant à élargir son cercle de mécènes.

Karine Tréguer, directrice de la Fondation Nantes Université.

Karine Tréguer, directrice de la Fondation Nantes Université. FONDATION NANTES UNIVERSITÉ

Dans un paysage où le mécénat français bénéficie avant tout aux sphères sportive et culturelle, la recherche universitaire peine à capter l’attention des entreprises. C’est précisément ce défi que la Fondation Nantes Université relève en faisant de ses Rencontres annuelles un espace de dialogue entre chercheurs, entreprises et territoires.

Créée en 2011, la fondation s’est imposée comme un outil au service d’un modèle universitaire inédit. Depuis 2022, Nantes Université rassemble sous une même gouvernance l’université, des grandes écoles, le CHU et des organismes de recherche, soit 42 500 étudiants, 42 unités de recherche et 3 200 enseignants-chercheurs. Dans cet écosystème, la fondation joue un rôle de passerelle.

« C’est à la fois un trait d’union entre le monde académique et les acteurs du territoire, ainsi qu’un outil au service de la stratégie de Nantes Université », résume Karine Tréguer, sa directrice depuis trois ans et demi. Dotée d’une gouvernance partenariale intégrant des collectivités et des personnalités qualifiées issues du monde économique, la fondation collecte des fonds privés et publics, grâce au mécénat financier, de compétences ou en nature.

Néanmoins, elle évolue dans un contexte paradoxal. Si le mécénat d’entreprise atteint près de 3 milliards d’euros en France, seuls 7 % des mécènes soutiennent l’enseignement supérieur et la recherche, pour à peine 2 % des montants. « Nous proposons aux entreprises de la collaboration plutôt que de chercher de l’argent », insiste Karine Tréguer. La fondation se positionne ainsi comme un espace de coconstruction et de prospective, à la croisée des enjeux scientifiques, économiques et sociétaux. « Il existe un réel potentiel de développement, mais aussi un important travail de pédagogie et d’acculturation à mener », poursuit-elle.

Cette stratégie commence à porter ses fruits. La collecte est passée de 1 million d’euros en 2023 à près de 1,5 million en 2025, avec une part croissante du mécénat de compétences. Trente projets et chaires ont été soutenus l’an dernier, et 18 sont en cours d’accompagnement. « Aujourd’hui, près de 85 % des fonds collectés permettent de renforcer directement les équipes de recherche », précise la directrice.

Élargir le cercle des mécènes, sans seuil imposé

Pour la fondation, les freins restent toutefois nombreux : concurrence d’autres causes plus visibles, multiplicité des fondations, difficulté à identifier les bons interlocuteurs en entreprise. « On nous oriente souvent vers la communication ou la RSE, alors que nos projets intéressent aussi la R&D ou la stratégie », observe Karine Tréguer. Pour lever ces obstacles, la fondation revendique une grande souplesse : aucun ticket d’entrée minimum n’est exigé, permettant à chaque entreprise de s’engager selon ses moyens et son rôle dans la chaîne de valeur.

Cette philosophie se reflète dans les trois projets présentés lors des Rencontres du 26 janvier à la Cité des congrès. La chaire « Risques côtiers et médiation scientifique » accompagne les territoires littoraux face à l’érosion et à la submersion marine. « Le mécénat permet ici de produire des outils de médiation scientifique utiles à l’État, aux collectivités et aux entreprises », insiste Karine Tréguer. En effet, ils aident ces acteurs à se parler et coconstruire des stratégies d’adaptation.

La deuxième phase de la chaire sur le risque côtier de la Fondation Nantes Université vient d'être lancée. En photo, le risque d’érosion côtière à Piriac en Loire-Atlantique.

La chaire sur le risque côtier de la Fondation Nantes Université vient d’être lancée. En photo, le risque d’érosion côtière à Piriac en Loire-Atlantique. SHUTTERSTOCK

Deuxième initiative mise en lumière : Tech’Nomad, un bus transformé en laboratoire itinérant de médiation scientifique. Il a déjà parcouru plus de 3 000 km en Pays de la Loire pour sensibiliser les jeunes aux sciences. L’objectif de collecte est de 50 000 euros par an, pour permettre notamment d’augmenter le nombre de sorties auprès des scolaires et déployer de nouvelles thématiques et ateliers.

Tech’Nomad, bus transformé en laboratoire itinérant, a déjà parcouru 3 000 km en Pays de la Loire pour sensibiliser les jeunes aux sciences.

Tech’Nomad, bus transformé en laboratoire itinérant, a déjà parcouru 3 000 km en Pays de la Loire pour sensibiliser les jeunes aux sciences. FONDATION NANTES UNIVERSITÉ

Enfin, la chaire « Ville et Santé : corps, espace et mouvement ». Menée avec le CHU de Nantes et l’Ensa Nantes, elle croise architecture, urbanisme et santé globale pour repenser les espaces de vie à l’aune des enjeux de bien-être et de mobilité. Là encore, la fondation cherche à réunir un tour de table pluriannuel pour soutenir recherches interdisciplinaires, recrutements et actions de diffusion scientifique.

Au-delà du financement, la fondation entend créer des collectifs durables entre science et économie. « Notre rôle est de créer les conditions de la rencontre entre des mondes qui se croisent peu », confirme Karine Tréguer, avant de rappeler : « Nous ne vendons pas des prestations, nous créons des espaces de réflexion partagée ». Une approche susceptible de séduire des entreprises en quête de sens, d’anticipation et d’impact durable.

Fondation Nantes Université

  • Création : 2011
  • Équipe : 5 personnes
  • Budget de fonctionnement : 500 000 €/an
  • Collecte annuelle :
    1 M€ en 2023
    1,24 M€ en 2024
    1,49 M€ en 2025
  • Part du mécénat de compétences :
    13 % en 2023
    24 % en 2024
    27 % en 2025
  • Projets et chaires soutenus : 30
  • Projets en cours d’accompagnement : 18
  • Entreprises mécènes : 58

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