« Les prix se réajustent fortement, et tant mieux, c’était devenu trop cher. À Nantes, ils avaient beaucoup augmenté et étaient devenus complètement fous. Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de vente de maisons au-delà de 800 000 euros à Nantes. C’est un marché qui a disparu. J’ai l’exemple d’une maison à 1 180 000 euros vendue 890 000 euros après un an d’attente. Si vous avez un vendeur qui accepte de baisser son prix il finira par vendre. Tout le monde ne peut l’accepter », explique Philippe Gautier, président délégué pour la Loire-Atlantique de la Chambre des notaires de l’Ouest. En deçà, le marché a repris des couleurs, le volume des transactions (23 855), d’octobre 2024 à octobre 2025, fait apparaître un rebond des ventes de 20 % à Nantes et de 8 % dans le département, retrouvant les chiffres de 2008, pour un record de 38 900 transactions en 2021.
Les prix ont baissé, de 2,2 % pour les appartements anciens en Loire-Atlantique et de près de 2 % pour les maisons anciennes, chiffres qui sont globalement similaires à Nantes. Les maisons proposées 500 000 euros il y a cinq ans se vendent aujourd’hui à 400 000 euros, ce qui est d’ailleurs le prix médian observé par les notaires à Nantes. Les vendeurs ajustent leur prix à la baisse et ce sont désormais les acheteurs qui ont la main.
Retour aux prix de 2020
« Une baisse de 2 % en un an peut paraître peu mais on a effacé les plus values des cinq dernières années en revenant aux prix de 2020 », constate Philippe Gautier. « Ce qui pose un problème pour ceux qui ont acheté il y a moins de cinq ans et doivent revendre aujourd’hui. Il y a un travail de pédagogie à mener », reconnaît Christophe Viguier, notaire à La Baule.
Pour le prix médian d’un appartement ancien, dans le classement des grandes villes, hors Paris, Nantes se situe aujourd’hui à la septième place avec 3 400 euros/m2, contre 3 650 euros/m2 pour Rennes qui occupe la quatrième place. En 2014, Nantes était sixième lorsque Rennes était dixième. La métropole rennaise a pris le large depuis l’ouverture de la ligne à grande vitesse la reliant à Paris en 1 h 27.
Parallèlement, les investisseurs ont totalement disparu dans un marché des appartements neufs qui ne survit que grâce aux achats en bloc des bailleurs sociaux. Philippe Gautier rappelle que le plan local de l’habitat de Nantes prévoit 6 000 logements neufs par an, alors qu’il ne dépasse pas, depuis plusieurs années les 1 800 appartements. La tension sur le marché locatif et le blocage du parcours résidentiel en découlent directement. En revanche, les primo-accédants sont de retour grâce au prêt à taux zéro. Les moins de trente ans représentent un quart de ceux-ci.