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Pour ne pas faner, Flowrette attaque le BHV

Fragilisée par des impayés, la PME nantaise Flowrette a engagé une action judiciaire contre le BHV Marais et son dirigeant, Frédéric Merlin. Par ailleurs, elle lance un « bouquet manifeste » pour permettre à ceux qui le souhaitent de défendre son modèle de production artisanale et durable.

Les Nantais Margot Prévost et Vincent Morio, dirigeants de Flowrette.

Les Nantais Margot Prévost et Vincent Morio, dirigeants de Flowrette. FLOWRETTE

Après la polémique liée à l’arrivée de Shein au sein du grand magasin parisien, voilà une nouvelle affaire dont le BHV se serait sans doute bien passé. La marque nantaise de fleurs séchées artisanales et durables Flowrette vient d’annoncer avoir intenté une action en justice contre la célèbre enseigne parisienne pour « plusieurs dizaines de milliers d’euros de factures impayées ». Une situation qui dure « depuis plus d’un an » et remet en question « l’avenir économique ainsi que les projets de relocalisation » de la PME reprise en 2025 par les Nantais Margot Prévost et Vincent Morio.

Contrairement à d’autres marques ayant quitté les grands magasins pour des raisons d’image ou d’évolution de consommation, Flowrette affirme avoir agi par contrainte : « Nous ne sommes pas partis par choix stratégique, mais par nécessité de survie », confirment les dirigeants.

Malgré les retards de paiement qui s’accumulaient, Flowrette indique avoir tenté « de maintenir le partenariat », en continuant notamment « de réapprovisionner [son] corner du BHV ». Mais faute d’avoir été payée, le trou dans la trésorerie de la PME s’est creusé au point de mettre son activité en péril. Si bien que Flowrette n’a pas eu d’autre choix que de quitter la célèbre enseigne parisienne en août dernier.

Dans ces conditions, la jeune entreprise nantaise a décidé d’attaquer le BHV, mais aussi son dirigeant, Frédéric Merlin. « On ne se bat pas seulement pour de l’argent ici. Mais pour le respect des petites structures et la dignité de l’artisanat français », poursuit Margot Prévost.

En parallèle, la marque a lancé une initiative baptisée « Le Franc-Parler », une composition bleu blanc rouge vendue comme « bouquet manifeste ». Un moyen pour la PME, qui envisage d’ouvrir un nouvel atelier près de Nantes et d’y recruter cinq collaborateurs, de permettre à ceux qui le souhaitent de défendre un modèle de production artisanale et durable face aux fragilités du commerce indépendant.

Contacté par la rédaction pour recueillir sa version des faits, le BHV Marais n’a pas donné suite à nos sollicitations.


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