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Wall Street termine en forte baisse, la Fed et Netflix font tomber les indices

La Bourse de New York a clôturé sur une nouvelle baisse vendredi, redoutant chaque jour davantage un resserrement monétaire marqué aux États-Unis, sur fond de saison des résultats...

Des opérateurs du New York Stock Exchange (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - SPENCER PLATT)

La Bourse de New York a clôturé sur une nouvelle baisse vendredi, redoutant chaque jour davantage un resserrement monétaire marqué aux États-Unis, sur fond de saison des résultats chaotiques, avec Netflix cloué au pilori.

Le Dow Jones a perdu 1,30%, signant là sa sixième séance de repli consécutive, tandis que le Nasdaq, très influencé par les valeurs technologiques, a perdu 2,72% et l’indice élargi S&P 500, 1,90%.

Depuis son plus haut de fin novembre, le Nasdaq a lâché plus de 15%. Sur la semaine écoulée, l’indice a abandonné 5,6%, soit sa pire performance depuis le début de la pandémie, tandis que le Dow Jones a cédé 4,5%.

« La Fed reste la grosse histoire », a expliqué Ross Mayfield, analyste chez Baird. Les investisseurs ont le sentiment qu’elle « semble plus agressive avec chaque nouveau discours, chaque nouvelle information. Et, logiquement, c’est mauvais pour la tech et les valeurs de croissance ».

Certains analystes évoquent désormais une hausse de 50 points de base du taux de la Fed (0,50 point de pourcentage) dès la réunion de mars, alors que l’institution procède généralement par quart de point (0,25 point de pourcentage).

-Netflix laminé –

La nouveauté du jour aura été la descente aux enfers de Netflix, laminé après avoir annoncé, jeudi, une prévision de croissance de ses abonnés jugée décevante.

La plateforme voit son portefeuille croître de 2,5 millions d’abonnés en net au premier trimestre, ce qui serait son plus mauvais chiffre pour cette période de l’année depuis douze ans.

Le titre a terminé en recul de 21,79%, à 397,50 dollars. En deux mois, l’action a chuté de plus de 43%. Netflix a retrouvé sa valorisation d’avril 2020, au tout début de la pandémie de coronavirus.

« Ça a fait peur au marché », selon Ross Mayfield. L’indice VIX, qui mesure la volatilité du marché, est brutalement remonté, s’inscrivant proche des niveaux connus juste après la découverte du variant Omicron.

La nervosité générale a profité aux obligations, dont les prix ont augmenté et les taux reculé (les deux évoluent en sens inverse). Le taux de référence des emprunts d’État américains à dix ans se détendait à 1,77%, contre 1,83% la veille.

De très nombreuses valeurs ont suivi Netflix dans sa chute, en particulier les étoiles de la pandémie, qui volaient en haute altitude jusqu’en novembre dernier.

La plateforme d’échanges de cryptomonnaies Coinbase (-13,38%), le site de commerce en ligne Shopify (-13,85%) ou la plateforme de jeu en ligne Roblox (-8,57%) ont été particulièrement visés.

Le groupe des entreprises qui ont bénéficié des confinements et du télétravail est touché, a insisté Ross Mayfield. « On a le sentiment que le consommateur change de nouveau ses usages », ce qui provoque une « réaction en chaîne ».

Les géants des infrastructures informatiques ont continué de souffrir, à l’image du fabricant de cartes graphiques Nvidia (-3,21%) ou des spécialistes des microprocesseurs AMD (-2,53%) ou Micron (-3,69%).

Toutes ces entreprises sont des valeurs de croissance, qui doivent investir massivement et pourraient pâtir d’une augmentation du coût de l’argent, consécutive à la normalisation monétaire de la Fed.

Intel a limité les dégâts, terminant à l’équilibre après l’annonce, vendredi, d’un investissement de plus de 20 milliards de dollars dans la construction de deux usines dans l’Ohio.

Le courant vendeur a charrié bien au-delà de la technologie et des valeurs de croissance, de Ford (-5,23%) à Bank of America (-1,81%), en passant par le croisiériste Carnival (-3,89%) ou le producteur de boulettes de minerai de fer Cleveland-Cliffs (-9,73%).

Après l’effondrement de jeudi, consécutif à l’annonce de la chaîne CNBC que le groupe suspendait sa production, Peloton a rebondi (+11,73% à 27,06 dollars). Dans une lettre diffusée en interne et consultée par le Wall Street Journal, le directeur général du spécialiste des vélos d’appartement et tapis de course haut de gamme a seulement mentionné un « recalibrage » de la production.

Sous pression, le groupe a publié jeudi soir des résultats trimestriels préliminaires, qui font état d’un chiffre d’affaires de 1,14 milliard de dollars, dans la fourchette de prévision initialement donnée par Peloton, soit entre 1,1 et 1,2 milliard.

L’équipementier sportif Under Armour a été l’un des rares gagnants de la journée (+0,69% à 16,09 dollars), après la publication de plusieurs notes positives d’analystes, notamment Citigroup, qui voit le titre doubler de valeur.

Nasdaq

tu/vmt/er

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