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Lavage automobile: les interdictions s’étendent, beaucoup de stations restent ouvertes

Laver sa voiture est désormais interdit dans de nombreuses communes pour cause de sécheresse, mais les stations sont encore nombreuses à accueillir les inconditionnels...

Un membre de la police de l'environnement inspecte une station de lavage, le 5 août 2022 à Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines) (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - ALAIN JOCARD)

Laver sa voiture est désormais interdit dans de nombreuses communes pour cause de sécheresse, mais les stations sont encore nombreuses à accueillir les inconditionnels de la propreté automobile. 

(Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Hassan AYADI)

Rouleaux, traitement déperlant, séchage: vendredi, les automobilistes se relayaient à une station Eni lyonnaise. La préfecture a pourtant interdit explicitement le lavage des voitures depuis mercredi car presque tout le département est en alerte sécheresse.

« Si j’avais su (que c’était interdit), je ne l’aurais pas fait, mais ne le sachant pas, je ne pense pas avoir fait un crime », expliquait Robert, retraité.

Les interdictions de lavage touchent une part croissante des 10.000 stations de l’Hexagone depuis ces dernières années, et elles se sont multipliées au cours de cet été historiquement sec.

Seule exception: les stations qui réutilisent l’eau en circuit presque fermé ont parfois le droit de rester ouvertes. Elles restent extrêmement rares: la plupart retraitent l’eau dans des cuves avant de la jeter à l’égout.

– « Cacophonie » –

Dans les faits, la plupart des stations restent ouvertes. A Pierre-Bénite, près de Lyon, une station a affiché que le lavage était réservé aux véhicules d’urgence, comme les ambulances. « Après, moi, je peux pas interdire aux gens de venir (…) je ne suis pas policier », lance le gérant de la station, Eric Marcoccia. 

TotalEnergies, leader du secteur avec 1.000 stations, n’a pas su préciser combien d’entre elles étaient fermées, la situation étant « évolutive ». Mais une porte-parole a souligné qu’elles avaient toutes été sensibilisées au sujet des arrêtés préfectoraux.

Il y a une « cacophonie » au niveau des préfectures, avec des mesures différentes selon les départements, explique Jean-Luc Cottet, exploitant de centres de lavage en région parisienne et représentant du secteur chez Mobilians, qui rassemble les professionnels de l’automobile.

A l’entrée d’Auxerre (Yonne), Jean-Claude, 50 ans, fait passer sa Renault Mégane entre les rouleaux d’une station Total. « De toute façon on sait qu’on va droit dans le mur! Et on nous demande à nous, consommateurs, de faire des efforts ». Difficile par ailleurs de savoir si la station dispose d’un système de recyclage.

Quelque 40 km plus au sud du même département, l’hypermarché Auchan d’Avallon a fermé sa station de lavage alors que le Cousin, la petite rivière qui traverse la ville, est au plus bas. Selon son directeur, le propriétaire de l’établissement envisage de mettre en place un système de recyclage de l’eau pour rester ouvert les étés prochains. 

« C’est un peu ambigu comme situation et pas confortable pour les exploitants. On demande aux gens de ne plus laver leur véhicule », déplore M. Cottet, qui craint que les stations ne doivent fermer plusieurs mois par an. 

Au total, 0,6% de l’eau consommée en France est utilisée pour le lavage des voitures, dont un tiers en station, avec six lavages en moyenne par voiture et par an. 

Un lavage au jet à haute pression consomme en moyenne 60 litres d’eau, soit une très longue douche. Un portique en consomme 120 litres et un tunnel de lavage 160. 

« Si on les empêche d’aller dans les stations, les accros de la voiture vont les laver à la maison. Et c’est polluant et consommateur d’eau », fait valoir M. Cottet.

Il est interdit de laver sa voiture à grande eau sur la voie publique, sous peine d’une amende de 450 euros. Dans sa cour ou son jardin, il est limité, avec obligation de récupérer l’eau sale.

Au total, 5.650 contrôles ont été effectués pour faire respecter les mesures liées à la sécheresse depuis le début de l’été, tous secteurs confondus, avec 163 PV à la clé et une vingtaine de procédures pénales, selon le ministère de la Transition écologique. Et tous les services de police, municipaux et de gendarmerie sont autorisés à sévir. 

Jean-Luc Cottet insiste toutefois sur le rôle « écologique » des stations de lavage, qui récoltent chaque année 48.000 tonnes de boue, chargées de résidus toxiques. Selon lui, la profession s’adapte, notamment face à la concurrence du lavage à sec: celui-ci, bien plus cher, utilise des produits chimiques sur des dizaines de lingettes qui doivent être ensuite lavées… à l’eau.

tsz/jbo/swi

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