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L’apprentissage atteint un nouveau record en 2021 avec plus de 700.000 contrats

Quelque 718.000 contrats d'apprentissage ont été signés en 2021, soit une hausse spectaculaire de 37% après déjà 42% en 2020, confirmant, selon la ministre du Travail Elisabeth Borne, une "révolution culturelle" sur cette formation...

Un apprenti dans un atelier des Compagnons du Tour de France, le 18 avril 2019 Saint-Thibault-des-Vignes dans la Marne (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse - STEPHANE DE SAKUTIN)

Quelque 718.000 contrats d’apprentissage ont été signés en 2021, soit une hausse spectaculaire de 37% après déjà 42% en 2020, confirmant, selon la ministre du Travail Elisabeth Borne, une « révolution culturelle » sur cette formation en alternance longtemps mal perçue en France.

Un apprenti couvreur dans un atelier des Compagnons du Tour de France, le 18 avril 2019 Saint-Thibault-des-Vignes dans la Marne (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – STEPHANE DE SAKUTIN)

Dans le secteur privé, 698.000 contrats ont été enregistrés contre 510.300 en 2020 et 354.000 en 2019, soit un quasi-doublement en deux ans malgré la crise sanitaire du Covid-19.

Accessible aux jeunes de 16 à 29 ans, l’apprentissage repose sur l’alternance entre enseignement théorique et formation au métier chez l’employeur avec lequel l’apprenti a signé son contrat.

Alors que la France a été longtemps très en retard par rapport à des pays comme l’Allemagne ou la Suisse, « on a une vraie révolution culturelle avec un développement de l’apprentissage à tous les niveaux de diplômes », s’est félicitée Mme Borne auprès de l’AFP.

Comme les années précédentes, cette hausse reste portée par l’enseignement supérieur, qui représente 62% des contrats d’apprentissage et où cette voie est financièrement avantageuse par rapport aux études classiques.  

Mais la progression dans le supérieur « ne se fait pas au détriment des niveaux bac et infra bac », là où son effet sur l’insertion dans l’emploi est le plus fort, souligne Mme Borne. Ces niveaux enregistrent 21% de hausse cette année contre 13% l’année dernière.

Selon les derniers chiffres datant de 2020, six jeunes sur dix sont en emploi six mois après la fin de leur apprentissage. « C’est une voie privilégiée pour se former en étant rémunéré avec à la clé très souvent un job », résume Mme Borne. 

La part des entreprises de moins de 50 salariés reste prépondérante. Alors qu’elles ne représentent que 19% de l’emploi, elles comptent 66% des contrats d’apprentissage.

Plus de 70% des apprentis sont dans les services (commerce, gestion, banque, communication, restauration, coiffure…), 15% dans l’industrie et 11% dans la construction.

Pour Mme Borne, l’apprentissage peut encore progresser fortement dans les années qui viennent, notamment dans l’industrie et le BTP « dont les métiers sont encore mal connus avec une image datée de l’usine ». Des améliorations restent possibles en matière d’orientation scolaire, même si les offres d’apprentissage ont gagné en visibilité sur les logiciels d’affectation Affelnet et Parcoursup.

La hausse record des contrats depuis deux ans s’explique notamment par la réforme de 2018, qui a libéralisé l’apprentissage à la fois en termes de conditions d’entrée et d’offre de formation. 

Près de 1.500 centres de formation des apprentis (CFA) ont été ainsi créés depuis, sans remettre en cause la viabilité des 1.200 existant comme certains le craignaient. 

– Déséquilibre financier –

Le fort rebond de l’économie en 2021 a aussi poussé les entreprises, confrontées à des difficultés de recrutement, à se tourner vers l’apprentissage.

Ceci d’autant plus que les aides exceptionnelles décidées pendant la crise ont été prolongées jusqu’au 30 juin 2022. Cette prime – 5.000 euros pour un mineur, 8.000 pour un majeur – rend le coût de la première année quasi nul pour l’employeur.

Revers du succès, le système n’est pas équilibré financièrement.

Le prochain exécutif devra d’abord se prononcer sur une éventuelle prolongation au-delà de juin de ces aides versées aux entreprises qui ont reçu près de 4 milliards d’euros.

En outre, dès lors qu’un jeune et une entreprise signent un contrat d’apprentissage, le CFA est assuré d’avoir le financement de la formation, via un niveau de prise en charge (5.000 euros pour un CAP maçon par exemple) proposé par les branches professionnelles et validé par l’agence de régulation, France Compétences.

Victime de ce succès, France Compétences, qui redistribue l’argent collecté auprès des entreprises et dont les recettes ont été diminuées pendant la crise, a ainsi dû recevoir une subvention de 2,7 milliards d’euros en 2021 et a prévu un déficit de 3,7 milliards dans son budget 2022.

« Le prochain gouvernement devra réfléchir au modèle de financement de l’apprentissage mais il ne faut absolument pas casser la dynamique. C’est un investissement qui en vaut la peine », conclut Mme Borne.

far/cel/sp

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