A LA UNE – STX. Nationalisation temporaire

L’annonce du Gouvernement de vouloir nationaliser provisoirement STX pose autant de questions qu’elle n’en résout. Mais elle a pour avantage de ne pas se jeter définitivement dans la gueule du loup…

Avec un savoir-faire, une expertise et des infrastructures uniques, les seules permettant en France de construire de grands navires, 2 600 salariés, 1 650 entreprises sous-traitantes, un carnet de commandes rempli pour dix ans, un chiffre d’affaires de plus de 1,3 milliard d’euros en 2016, les chantiers STX pèsent beaucoup plus que les 80 millions d’euros que l’État doit mettre sur la table pour préempter les 66,6 % que le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding détient dans les chantiers de Saint-Nazaire depuis 2008.
Ne pas hypothéquer l’avenir
La nationalisation « temporaire » annoncée le 27 juillet dernier par Bruno Lemaire (REM), ministre de l’Économie a surpris dit-on, mais surtout, en premier lieu, les Italiens de Fincantieri en passe de réaliser une très belle opération, captant pour une somme relativement modeste, un atout maître dans le paysage de la construction navale mondiale. On comprend alors leur courroux. Ils avaient refusé la négociation proposée par le Gouvernement français sur la base d’un accord à 50/50. La préemption est tombée, décision directe du Président de la République Emmanuel Macron, qui tranche avec l’accord conclu le 12 avril avec Fincantieri par le Gouvernement Hollande. Bruno Lemaire déclare alors sur les radios ne vouloir « prendre, avec le président de la République, aucun risque sur l’avenir de l’emploi, des compétences, des territoires dans un site industriel aussi stratégique que les chantiers de Saint-Nazaire. Puisque ce sont des activités stratégiques, nous refusons de laisser une majorité à un investisseur étranger ». Principal reproche à cet accord, le fait pour la France de ne pas garder la main sur l’emploi, les compétences et le développement du territoire. Le Gouvernement propose toujours un 50/50 avec, pour la partie française un partage entre État, Naval Group et salariés qui entreraient pour 3 % au capital.
Avec le Coréen STX, acculé à la faillite, les chantiers nazairiens ont miraculeusement évité le pillage technologique. Selon le site « Mer et Marine » qui relate le témoignage d’un ancien patron des chantiers, ceux-ci « ont eu la chance d’avoir un actionnaire asiatique très mauvais mais heureusement transparent. Et si cela avait été un autre Coréen, comme Daewoo ou Samsung, il ne resterait probablement plus grand-chose de Saint-Nazaire aujourd’hui ».

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