LITTERATURE. « L’affaire Brierre ». Un crime insensé à la Belle Époque

Une enquête criminelle défiant tous les genres, par Alain Denizet 1et préface d’Alain Corbin.

La préface du professeur Alain Corbin à cette étude en donne le ton : nous sommes dans la vie rurale accordée en partie aux modes urbains et nationaux au temps de la « Belle époque ». Les clivages dans la société demeurent forts. Alors que l’automobile et les bains de mer attirent parisiens, bourgeois et « argentés » de Province, la France rurale vit, à peu près, au rythme du siècle précédent. La Beauce, le Dunois sont encore dans « le jus » provincial. Le parler même, un français fortement « maquillé » de patois reprend vite le dessus dans les échanges entre ces gens de terroir à deux générations de l’école obligatoire ; imposition qui fait souvent tiquer les parents en attente de bras pour les récoltes. Les moeurs sont à cent lieues de celles de la « ville ». Le
Café pour les hommes fait face à l’Église géographiquement et socialement. Dans le contre jour des nombreux procès et affaires rapportés dans le Paris et Le Matin du jeune avocat qui deviendra le célèbre écrivain Gaston Leroux , voici un crime bien différent de ceux dont il fit les chroniques en son jeune âge.

L’affaire Brierre se déroule à Corancez, plaine de Beauce. À perte de vue les champs. Et, au loin, la flèche de Chartres, mystique, emblématique et superbe cathédrale. L’Affaire Brierre exsude le sang des sillons, haches et pioches, et le brûlant soleil d’été pas plus que la glace de l’hiver n’en effacent les contours. Les témoins parlent avec leur rancoeur, leur jalousie, toujours un esprit de vengeance et des cadavres ressortent du passé pour tenter d’expliquer l’inconcevable du présent.

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